mercredi 22 avril 2009

Sortie du 22/04/09

Petite étape loupé la semaine dernière, un petit regard sur les sorties de la semaine. Ce qu'on peut se dire c'est que même si la semaine ne se démarque pas par un nombre incalculable de daubes sur nos écrans ce n'est pas pour autant qu'elle est très fructueuse. Petite nouveauté cette semaine seul les films vraiment intéressant (selon moi bien sur) seront présent mais aussi les grosses nullités (toujours selon moi) car il faut quand même un quotat de lynchage.

Le film de la semaine :

"La dernière maison sur la gauche" de Dennis Iliadis

Synopsis: Deux amies kidnappées, violées et tuées par une bande de voyous. Les coupables se réfugient par hasard dans la maison des victimes, et lorsque leurs parents découvrent qui sont leurs hôtes et ce qu'ils ont fait, ils organisent une violente vengeance.

Avis : Après "La colline à des yeux" d'Alexandre Aja un autre remake de Wes Craven ça peut toujours faire plaisir et puis voire des ados se faire trancher à l'écran ça fait toujours plaisir.



Les autres films de la semaine
:

"Ils mourront tous sauf moi" de Valéria Gaï Guermanika

Synopsis:Un lundi matin Katya, Vika et Zhanna, trois collégiennes de 14 ans de la banlieue de Moscou, apprennent qu'il y aura une soirée dansante dans leur école le samedi soir...

Avis : Premier film pour cette jeune réalisatrice de 25 ans. Le film a fait de l'effet au dernier festival de Cannes et est censuré dans son pays. Apparemment un grand portrait de la jeunesse russe d'aujourd'hui. Ça donne envie.



"Coco avant Chanel" de Anne Fontaine

Synopsis: Un biopic sur la jeunesse de la célèbre styliste Coco Chanel, à l'époque où, pauvre et sans éducation, elle ne savait pas qu'elle deviendrait l'incarnation de la femme moderne.

Avis: Un téléfilm, un film et un autre en préparation. Le cinéma s'intéresse à Coco Chanel et on se demande ce que ça donne. Espérons juste qu'Audrey Tautou soit moins énervante et niaise que d'habitude.




"17 ans encore" de Burr Steers

Synopsis: Mike O'Donnell, un homme de 37 ans, trouve sa vie ennuyante et pathétique. Il se sépare de sa femme et vit avec son meilleur ami. Ses enfants le considèrent comme un looser. "Si seulement on avait droit à une seconde chance ?"

Avis: Film à aller voir parce que c'est les vacances. On ne s'attend bien sur pas à un chef d'œuvre mais ça peut être divertissant et puis revoir Matthew Perry qui depuis "Friends" n'a pas fait grand chose de bien intéressant, à part "Studio 60 on sunset trip", ça peut valoir le détour.



Les films à éviter cette semaine:

"Celle que j'aime" d'Elie Chouraqui

Synopsis: Isabelle a la belle trentaine et mène une vie de femme active et de mère épanouie avec son fils Achille, 10 ans. Sa vie amoureuse se porte tout aussi bien : séparée du père de son fils, elle vit une histoire d'amour cachée avec Antoine...

Avis: Une comédie romantique francaise sur des trentenaires en mal d'amour...Oui, ca semble déjà vu et ça semble toujours aussi nul. Non merci





"Humains" de Jacques-Olivier Molon et Pierre-Olivier Thévenin

Synopsis: Un groupe de chercheurs part dans les Alpes suisses pour une découverte scientifique qui pourrait remettre en cause toute la filiation de l'espèce humaine...

Avis : Certes on entend souvent que l'avis de la critique et celle du public est totalement différent mais un tel lynchage médiatique sur "Humains" révéle bien qu'il s'agit d'une immonde daube. Depuis quelques mois le cinéma français essaye une incursion dans le cinéma de genre mais l'essai n'a toujours pas été transformé et c'est pas avec "Humains" qu'il le sera.

Retour

Aprés une grosse semaine d'absence dût à une surcharge de boulot sur la fête de l'animation lilloise me voila de retour. On reprend le rythme et préparez vous à de nombreuses critiques, articles etc...

lundi 13 avril 2009

"Ne me libérez pas je m'en charge" de Fabienne Godet



Libéré depuis 2003, après avoir passé 27 ans de sa vie en prison, entrecoupée par cinq évasions plus ou moins spectaculaires, Michel Vaujour ne s'était jamais réellement confié sur son passé de bandit-prisonnier et aujourd'hui il se révèle face à la caméra de Fabienne Godet dans "Ne me libérez pas je m'en charge". De nombreux scénaristes et producteurs s'étaient déjà approchés de cette homme pour la réalisation d'une fiction sur sa vie. Jusque là, toute les tentatives avaient échoué, à part une adaptation très libre d'une de ses évasions dans "La fille de l'air", et c'est par la rencontre avec la documentariste Fabienne Godet que Michel Vaujour a finalement accepté de se confier. A ce titre, observons que le documentaire est sûrement le meilleur des formats pour comprendre l'histoire de Michel Vaujour qui est plus complexe qu'elle n'y parait. Avec une histoire aussi atypique on peut être sur qu'un film de fiction aurait été rien de plus qu'un cinéma spectacle qui serait passé à côté de nombreuses choses alors que nous avons encore la chance d'avoir le principal protagoniste encore en vie et pouvant nous éclairer sur toute cette histoire.

La force de ce documentaire et son intérêt se trouvent dans le point de vue qu'a choisi Fabienne Godet pour aborder son sujet. Jamais moralisateur et n'essayant jamais d'édifier Michel Vaujour en héros, "Ne me libérez pas je m'en charge" est avant tout un film qui essaye de comprendre. Comprendre comment un enfant juste bagarreur s'est retrouvé propulsé au statut d'ennemi public numéro 1 dans les années 80 ? Qu'est ce qui le pousse à commettre tout ces évasions ? Comment a-t-il réussi à survivre psychologiquement à toutes ces années ? Ce film est surtout le portrait d'un homme libre. Libre dans le sens le plus vaste du terme. Il explique qu'il est tombé dans le banditisme pour ne pas subir la soumission sociale de l'usine, qu'il se considérait plus comme un anarchiste-rebelle plutôt qu'un truand du milieu à la Mesrine, d'ailleurs ces derniers étaient même trop conventionnels pour lui, et il raconte que, pendant ces longues années d'isolement, le plus dur pour lui était de se libérer de son corps pour mieux s'évader par son esprit.

Paradoxalement "Ne me libérez pas je m'en charge" est donc un film sur la liberté et non sur la prison. On ressent cette liberté à l'écran avec ces nombreux travelling pris d'une voiture donnant l'impression d'un road movie ou aucune direction n'est imposée. A l'écran c'est un Michel Vaujour différent de ce à quoi l'on aurait pu penser qui apparaît. L'homme montre une grande intelligence et une grande capacité de réflexion sur son passé lui permettant de construire un discours intéressant et de tenir un quasi-monologue d'1h45. Certaines scènes peuvent choquer comme lorsque un des neveux de Michel Vaujour lui dit qu'il aimerait voir ce que ca fait d'être en prison et que ce dernier lui répond : "Si tu as les couilles de le faire fais le". Même si ce type de discours peut facilement être interprété comme de l'incitation au banditisme, on comprend vite que le personnage est tout simplement fidèle à lui même et qu'il ne cherche ni à imposer sa morale et ses règles, et qu'il veut laisser vivre les gens en paix et mener leur propre vie.

Ainsi le propos du film est une magnifique réflexion sur les effets de la prison et sur la liberté, mais toute ce fond est handicapé par une forme plutôt bâclée. En effet, Fabienne Godet a d'abord une formation de psychologiste et dans un second temps de cinéaste. C'est avant tout à un sujet auquel elle s'intéresse et la forme de l'œuvre passe ensuite. Hélas ! On a l'impression ici que la forme a été délaissée au profit du fond. Tout d'abord le choix de ne s'intéresser qu'uniquement au propos de Michel Vaujour, et très peu à ceux de son entourage, fait de "Ne me libérez pas je m'en charge" une sorte de long monologue duquel il est très compliqué de ne pas décrocher régulièrement empêchant ainsi de comprendre la totalité des propos. L'insistance de Fabienne Godet sur les yeux de son sujet en gros plan à la recherche de la moindre émotion révèle surtout la pauvreté visuel du métrage. Les trop longs moment concentrés sur le visage de Michel Vaujour nous empêchent totalement de nous laisser aller dans le film car il n'a tout simplement aucun rythme. Cette manie de vouloir uniquement se concentrer sur son personnage ne sert pas le film en bien car le peu d'utilisation d'images d'archives, ou de témoignages extérieurs, empêchera à tout novice de comprendre la porté des propos développés ici. Le côté très amateur de la caméra donne parfois l'impression d'un film de famille, d'un journal intime ou même d'un carnet de note d'une psychologue sur son patient, comme si la psychologue Fabienne Godet nous avait montrés ses prises de notes brouillons sur son patient Michel Vaujourt.

"Ne me libérez pas je m'en charge" est donc un film constructif et intelligent, mais qui, hélas, se voit handicapé par une mise en scène d'amateur empêchant au film d'avoir le moindre rythme entrainant pour le spectateur. Après l'excellente fiction "Mesrine" on aurait pu apprécier un documentaire sur un nom du banditisme français qui soit tout aussi ambitieux et intéressant, mais tel n'est pas le cas ici.


4,5/10

mercredi 8 avril 2009

Caravane de la fête de l'animation

Je prend un petit moment pour combler un certains narcissisme en postant ici une vidéo présente sur le site : http://site2.phrtempo.com/ .

En même temps je joint l'utile et l'agréable en faisant de la pub pour la fête de l'animation, qui se déroule à Lille du 16 au 19 avril, dont j'ai déjà parlé ici .
En marge de cette fête une drôle de caravane déambule dans tout Lille pour diffuser la bonne parole des court-métrages d'animation et alors que j'animais cette magnifique charrette violette je me suis fait interviewer par une jeune journaliste et voici la vidéo:

Sortie du mercedi 8 avril 2009

En ce mercredi jour de sortie nationale des films faisons un point sur ce qui nous est proposé sur nos écrans. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'on est mieux servit que la semaine dernière et c'est une semaine bien intéressante que nous avons là.

Le film de la semaine

"Ne me libérez pas je m'en charge" de Fabienne Godet

Synopsis: Ancien braqueur fiché au grand banditisme, Michel Vaujour a toujours préféré la fuite à la prison, l'aventure à la soumission, la liberté à la loi. En l'espace de 30 ans, il aura passé 27 ans en prison, dont 17 en cellule d'isolement...


Avis: Avec les récentes fictions que l'on a eu sur les grands bandits du dernier siècle ("Mesrine", "Sans armes, ni haine, ni violence", "La bande à Badeer"...) il est intéressant d'avoir un documentaire nous donnant une vision peut être plus historique et plus personnelle.


Le petit plaisir honteux de la semaine


"Fast and Furious 4" de Justin Lin

Synopsis: Les retrouvailles du fugitif Dom Toretto et de l'agent du FBI Brian O'Conner pour faire face à un ennemi commun.


Avis: Je sais c'est un gros navet qui s'annonce mais que voulez-vous quand on a 12ans quand la franchise "fast and furious" démarre on a un peu de mal à s'en sortir.




Les autres films de la semaine


"Ponyo sur la falaise" de Hayao Miyazaki

Synopsis: L'histoire du jeune Sosuke et de la princesse poisson rouge Ponyo qui rêve de devenir humaine.


Avis: Rien que la renommé du réalisateur nous pousse à aller le voir et puis à l'heure du tout digital c'est tellement bon de revoir un film d'animation fait à la main.




"Chéri" de Stephen Frears

Synopsis: Dans les années 1920, une courtisane d'une cinquantaine d'années est la maîtresse d'un jeune homme nommé Chéri...


Avis : Comme "Ponyo sur la falaise" rien que le réalisateur nous donne envie d'aller voir le film.





"Nous resterons sur terre" de Pierre Barougier et Olivier Bourgeois

Synopsis: A travers un jeux de miroirs et de contrastes entre cette nature miraculeuse et l'obsession de l'homme à vouloir la dompter, ce film-documentaire raconte la séparation entre une mère nourricière et ses enfants terribles...

Avis: Un documentaire écologique qui semble différent et plus pertinent que la tentative de retour sur la scène politique d'Al Gore. De plus la bande-annonce révèle une valeur esthétique assez rare dans les documentaires



Les outsiders de la semaine, les films surement bien mais que personne n'ira voir
:


"Villa Amalia" de Benoît Jacquot

Synopsis: Comme la goutte d'eau fait déborder le vase, Ann voit une nuit Thomas embrasser une autre, et elle décide de le quitter, de tout quitter. Elle est musicienne, seule la musique la tient mais ne la retient pas. Elle ne tient qu'à la musique...

Avis: Peut être un peu trop mélo(die)-dramatique mais surement émouvant.





"Wendy et Lucy" de Kelly Reichardt

Synopsis: Wendy, accompagnée de son chien Lucy, a pris la route de l'Alaska dans l'espoir de trouver un petit boulot et commencer une nouvelle vie. Lorsque sa voiture tombe en panne dans une petite ville de l'Oregon...

Avis: Le synopsis fait fortement pensé à "Into the wild" mais c'est toujours bon de voir les grands espaces américains sur nos écrans de cinéma.





Les films à éviter cette semaine:


"Erreur de la banque en votre faveur" de Michel Munz et Gérard Bitton
Synopsis: Deux employés boursicoteurs découvrent l'univers de la finance, des délits d'initiés et des fonds de pension.

Avis: Oui, je fais preuve de mauvaise foi mais les comédies française ne m'ont que très rarement (voir jamais) convaincues et c'est pas celle ci qui changera mon avis.






"Le monde merveilleux d'Impy" de Reinhard Kloos et Holger Tappe

Synopsis: Pour son anniversaire, Impy reçoit un cadeau très spécial : Baboo une charmante petite panda, toute mignonne et toute câline. Baboo devient la nouvelle coqueluche de tous les habitants de l'île de Tikiwou, principalement du professeur Tibberton...

Avis: C'est moche, ça à l'air complètement gaga et ça n'intéressera surement que les enfants n'ayant pas passés l'âge de la raison.

lundi 6 avril 2009

"Bruno" de Larry Charles

C'est la bande-annonce du moment. Le retour du duo Sacha Baron Cohen, face à la caméra, et Larry Charles, à la réalisation, après l'excellent "Borat". Il ne reste plus qu'à voir si entre les deux films qui ont déjà été adapté des personnages créés par ce guignol si "Bruno" penchera plus vers la comédie basique "Ali G" ou vers la comédie subversive "Borat"

Fête de l'animation

Petit coup de pub pour un événement lillois qui chaque année devient de plus en plus grand. Aprés un énorme succès l'année dernière espérons que se soit la même chose cette année.
C'est du 16 au 19 avril et ça se déroule entre la Gare Saint-Sauveur (nouveaux lieux lillois), l'hybride et le palais beaux-arts.



Au programme:


Tarifs

PASS JOURNEE

Vendredi, samedi ou dimanche : 8 euros *
Donne accès à l’ensemble des rendez-vous de la journée : projections à l’auditorium du Palais des Beaux-Arts et à l’hybride, convention et soirée à la Gare Saint-Sauveur.


PASS GLOBAL : 20 euros *

Accès à l’ensemble des lieux et du programme, du jeudi 16 au dimanche 19 + un cadeau.


Pour plus d'infos c'est sur ce site : http://www.fete-anim.com

"Synecdoche, New-York" de Charlie Kaufman


"Synecdoche, New-York" premier film de Charlie Kaufman, scénariste attitré des deux allumés Michel Gondry ("Eternal sunshine on a spotless mind") et Spike Jonze ("Dans la peau de John Malkovitch"), correspond bien au type de scénario auquel on pouvait s'attendre ce qui peut sembler rassurant. Caden Cotard est un metteur en scène en mal d'inspiration dont la vie dont la vie commence à dérailler. Sa femme le quitte en emmenant sa fille, une maladie étrange le touche sans qu'on en trouve la cause ni le remède et il est tiraillé entre ses différentes conquêtes féminines. L'obtention d'une prestigieuse bourse va lui permettre de monter un spectacle ambitieux où il entreprend de monter un pièce retranscrivant la réalité dans sa totalité, rien que ça.

Comme ses deux acolytes Michel Gondry et Spike Jonze, cités précédemment, Charlie Kaufman fait preuve d'une imagination débordante installant ainsi à l'écran un réel OVNI cinématographique. Le film est une énorme mis en abyme entre la réalité et la pièce qu'essaye de monter le personnage principale. Toutefois malgré le génie imaginatif et le milliers d'idées par seconde qui passe dans la tête de Charlie Kaufman celui-ci n'arrive pas à structurer son propos et égare le spectateur dans de trop nombreuses métaphores poétiques que surement lui seul arrive à comprendre dans son intégralité. A force de s'amuser avec sa philosophie sur la condition de l'artiste, et le monde que celui ci essaye de construire, le réalisateur délaisse sa trame narrative qui devient inintéressante et dont on ne veut même pas voir l'aboutissement. Tout au long du film différentes intrigues arrivent et les premières qui semblaient importantes, comme cette histoire de maladie mystérieuse, sont abandonnées et jetées aux oubliettes sans aucunes explications, au profits d'autres intrigues semblants secondaires. Tout comme le film le spectateur est alors complètement déboussolé et se demande si il était alors utile d'autant se concentrer, car il en faut de la concentration pour cerner "Synecdoche, New-York",pour comprendre cette histoire ou est ce que finalement tellement le propos est brouillon cela vaut-il la peine de s'attarder dessus? Jamais ces arrivées intempestives d'intrigues ne cesse tout au long du film et sur 2h on a encore des éléments nécessaire à la compréhension du personnage tombant du ciel qui arrive au bout de 1h30. Si ces sujets avaient étés abordés avant on y aurait fait attention mais le ras-le-bol nous envahit et on a même plus le courage d'y prêter attention. De toute façon ces éléments seront abandonnés par le réalisateur qui semblent ici plus s'intéresser à prouver son hypothétique virtuosité plutôt que de construire une véritable histoire.

Le déroulement de l'histoire est également handicapé par un montage catastrophiques qui peut nous faire passer plusieurs dizaine d'années en une seconde et se pose de longs moments sur des événements pas si important que ça. Même pas un seul effet de montages pour nous faire comprendre ses ellipses qui deviennent alors incompréhensible et cassent tout le rythme du film. De plus, avec cette mise en abyme le fiction de la pièce de théâtre prend souvent le dessus sur la réalité de l'histoire ce qui nous égare encore plus. Plusieurs scènes ont même le droit aux deux versions, celle du film et celle de la pièce, c'est presque de la torture de la part de Kaufman. Certes d'autres réalisateurs ont joué avec ces procédés bien avant et ont réussit mais cela a été fait avec finesse et un réel discours derrière, ici il n'en est rien. Kaufman se prend pour un génie mais arrive avec ses grosses bottines et est aussi gracieux qu'une gymnaste obèse.

C'est peut être Philip Seymour Hoffman, qui interprète le rôle principal, qui sauve le film de la catastrophe et lui donne un certains intérêt. Son talent d'acteur n'est plus à remettre en cause et heureusement qu'il était là.

"Synecdoche, New-York" est donc une énorme déception. Plein de bonnes idées pas assez exploitées et pleins de mauvaises idées trop exploitées. Charlie Kaufman, qui est pourtant un grand scénariste, n'arrive pas à faire passer ces idées du papier à l'écran et le propos du film sur le narcissisme et le nombrilisme des artistes voulant créer leurs vies comme ils créent leurs œuvre ne fait qu'ouvrir les portes déjà ouverte. Le film est plein de bonnes choses mais hélas handicapées par tout le reste, c'est dommage. Finalement on se dira que Kaufman, tout comme son personnage principal, s'est fait dépasser par l'ambition de son projet et s'y emmêle les pinceaux.


4/10

mercredi 1 avril 2009

"Frost/Nixon, l'heure de vérité" de Ron Howard


Nous avons tous entendu parler de l'affaire du Watergate qui en 1974 déboucha sur la démission du président américain Nixon mais peu sont ceux qui connaissent l'importance historique de cet événement et sa porté. Adapté d'une pièce ayant rencontré un certains succès à Londres et Broadway "Frost/Nixon" raconte comment David Frost, présentateur de télé anglais, a réussi à obtenir un interview de Richard Nixon dans lequel ce dernier finira par avouer ses erreurs dans cette affaire et sur l'ensemble de sa présidence. Bien plus qu'un simple film sur un ancien président "Frost/Nixon" est surtout une réflexion sur les médias et le pouvoir que la télévision, encore naissante à cette époque, peut avoir sur l'opinion publique. Ron Howard nous propulse au centre de l'activité journalistique et tout ce qu'elle implique. Sans pour autant donner tort ou raison à l'un des deux partis Howard nous montre avec talent les enjeux de cet interview historique et les conséquences de celui-ci.

Le scénario de Peter Morgan, qui avait écrit la pièce original et avait déjà officié en tant que scénariste pour "The Queen" et "Le dernier roi d'Ecosse", révèle un réel travail de documentation permettant d'installer le contexte de l'époque de façon fidèle et de cerner l'ensemble du problème. Cette impression est accentué par l'introduction du film mêlant habilement images d'archives et scènes de fictions. Le jeux des acteurs est particulièrement bluffant et l'idée de reprendre les mêmes interprètes que dans la pièce originale dans le rôle des deux protagonistes principaux sert à merveille le film. Frank Langella, dans le rôle de Nixon, et Micheal Sheen, dans le rôle de David Frost, connaissent leurs personnages sur le bout des doigt et les font réellement revivre à l'écran.

L'approche classique et sobre de Ron Howard fait de “Frost/Nixon” un grand film hollywoodien qui peut sembler classique mais qui a toute sa puissance. Le montage du film est particulièrement ingénieux avec un première partie alternant fiction et faux interviews documentaires des personnages des différents partis. Ainsi on a l'impression d'être face à un vrai document d'époques couvrant l'ensemble de l'affaire. La seconde partie du film laisse un peu de côté ce procédé pour se concentrer essentiellement sur le déroulement de l'interview dans un semblant de huis-clos qui retranscrit toute la tension de la situation. Le reste du film est monté tel un thriller politique accrochant le spectateur du début à la fin et fait ainsi de "Frost/Nixon" un excellent divertissement.

Avec ce film Ron Howard nous surprend en bien et fait preuve d'intégrité. Personne n'est diabolisé et personne n'est porté en héros non plus. On découvre réellement la personnalité de chaque protagonistes dont on essaye de découvrir leurs personnalités. A la fin du film il est dit David Frost a réussit à révéler ce que personne n'avait révéler: le visage de Nixon. On peut dire que Ron Howard fait la même chose en révélant en même temps celui de Frost. "Frost/Nixon" n'est en aucun cas une critique du mandat de Nixon mais juste un bilan. Ainsi le film évite tout didactisme excessif et peut plaire à n'importe quel spectateur quel que soit son orientation politique.

"Frost/Nixon, l'heure de vérité" est donc un grand film couplé d'une intéressante réflexion sur les médias, nos systèmes démocratiques et la place que doivent tenir nos dirigeants. Dans les films américains s'intéressant aux hommes politiques qui nous arrive en ce moment ("W.", "Harvey Milk"...) "Frost/Nixon" est surement le plus intéressant et le plus instructif.

8/10

Sortie du 01/04/09

En ce mercredi 1er avril 2009, jour de sortie nationale des films, faisons un point sur ce qui nous seras proposé sur nos écrans cette semaine.

Le moins que l'on puisse dire est que les distributeurs nous ont préparés un programme digne d'un sacré poisson d'avril, on n'aurait pas put rêver mieux pour une date comme celle ci.

Le film de la semaine:
"Frost/Nixon, l'heure de vérité" de Ron Howard
Le film montre la manière dont Richard Nixon a tenté de racheter les droits de l'interview de David Frost, qui le compromettait dans le scandale du Watergate afin que celle-ci ne soit jamais diffusée.
Avis: Un film politique qui doit son intérêt à la période pour laquelle il s'intéresse. On éspére que Ron Howard arrive à montrer comment marche la manipulation médiatique dans le monde politique et qu'il va nous éclairer sur cet événement qui, malgré son importance, n'est que trés peu évoqué dans le cinéma et les cours d'histoires.


Les autres films à voir:


"Monstres contre Aliens" de Rob Letterman et Conrad Vernon
Un chasseur de monstres est appelé à la rescousse pour combattre une armada d'aliens qui s'en prennent aux services de télévision câblée.

Avis : Les studios dreamworks continue à bouffer les parts de marché de Walt Disney avec des film la plupart du temps réussis. Espérons que cela se confirme.






"Katyn" de Andrzej Walda
17 septembre 1939 : sur un pont, deux foules se pressent en sens inverse : l'une pour fuir l'Armée rouge, l'autre la Wehrmacht.

Avis: Un film de guerre polonais c'est assez rare pour que "Katyn" soit digne de notre intérêt.







"Synecdoche, New-York" de Charlie Kaufman

L'histoire de Caden, un dramaturge angoissé, et des relations qu'il entretient avec plusieurs femmes qui traversent sa vie : Claire, son épouse, Adèle, son ex, Maria, la meilleure amie de celle-ci, Olive, sa fille ou encore Madeline, sa psy...

Avis: Premier film en tant que réalisateur pour le scénariste d' "Eternal Sunshine on a spotless mind"avec un synopsis faisant fortement pensé à Woody Allen. Deux arguments qui peuvent nous pousser à aller voir ce film.




Les poisson d'avril (les mauvaises blagues en gros):


"Les cavaliers de l'apocalypse" de Jonas Akerlund
Un policier hanté par la mort de sa femme enquête sur un tueur en série s'inspirant des quatre cavaliers de l'Apocalypse.

Avis: Un film qui a l'air aussi mauvais que ce que laisse entendre l'ensemble des critiques presse qu'il a eu.







"La véritable histoire du chat botté" de Pascal Hérold, Jérôme Deschamps et Macha Makeieff

A la mort de son père, P'tit Pierre, un jeune meunier, hérite d'un étrange chat qui parle comme un humain et semble doué de pouvoirs magiques grâce à de bien belles bottes... Une version iconoclaste du conte de Charles Perrault.

Avis: Shrek a fait du bien au cinéma d'animation mais toute bonne chose s'accompagne de petits désagréments et "La véritable histoire du chat botté" fait partie de ça.





"Prédictions" de Alex Proyas

Une capsule temporelle contenant des messages écrits par des enfants 50 ans auparavant est déterrée et ouverte. Chaque enfant emporte chez lui un message, mais celui du petit Caleb est illisible, car il s'agit d'une suite incohérente de chiffres...

Avis: L'un des deux blockbusters de la semaine. A force de jouer dans des navets Nicolas Cage va finir pas nous faire oublier qu'il est quand même le neuveu de Francis Ford Coppola et qu'il fut un jour un réel acteur.



"Safari" de Olivier Baroux
Six touristes français ont décidé de découvrir l'Afrique du Sud au cours d'un safari organisé par Richard Dacier. Ils ignorent alors que leur guide n'a pas mis les pieds dans la brousse depuis 30 ans... Et qu'il a peur des animaux !

Avis: le duo Kad et Olivier réunit pour un film lourdingue où même la bande annonce énerve. Je disait dans ma critique précédente que "Romaine par moins 30" ne sera pas la plus mauvaise comédie française de l'année, en voila la preuve.




"Dragon Ball Evolution" de James Wong
Goku, un guerrier doté de super-pouvoirs, protège la Terre de Piccolo et ses sbires, bien décidés à dominer l'univers grâce aux boules de cristal...

Avis: On garde le meilleur pour la fin. En voyant l'affiche et la bande annonce je pense que ça se passe de commentaires....









Les outsiders:

Les deux films qui peuvent être bien mais dont personne n'entendra parler et donc que personne n'ira voir.



"Nulle part, Terre promise" de Emmanuel Finkiel
Trois personnages sillonnent l'Europe d'aujourd'hui. Un jeune cadre. Une étudiante. Un kurde et son fils. Vers l'est ou vers l'ouest, en camion, en business class, en stop, en train, avec ou sans papier, à travers l'Europe contemporaine...

Avis: Film peut être un peu trop européen jouant sur le mélo-dramatique mais qui peut mériter une certaine attention.






"Country Teacher" de Bohdan Slama
Professeur de biologie dans un lycée de Prague, Petr quitte un jour la capitale pour devenir instituteur dans un village de campagne. Les habitants s'interrogent sur les raisons qui ont pu le pousser à cet "exil"...

Avis: Autre film européen de la semaine. Cette fois ci ça vient d'Europe de l'est. Ca a l'air sympathique mais ésperons que comme de nombreux films d'Europe de l'est ce ne soit pas qu'un simple clone des films de Kusturica


Powered By Blogger