vendredi 5 mars 2010

"The Ghost writer" de Roman Polanski


« The Ghost Writer » provoque une étrange sensation chez celui qui le voit et qui est au courant de l'actualité de Roman Polanski, à peu près tout le monde sauf ceux qui vivent des des grottes. Sans tomber dans le fantasme en donnant au cinéastes des capacités de devin on ne peut tout de même pas s'empêcher de voir les similitudes entre l'histoire des différents protagonistes du film et l'arrestation brutale et récente du réalisateur.


En adaptant « Les hommes de l'ombres » de Robert Harris, Polanski met en place un thriller politique des plus prenant mener avec brio par Ewan McGregor avec l'aide du très classe Pierce 'James Bond' Brosnan. Le premier dans le rôle du nègre désigné pour écrire les mémoires de l'ancien premier ministre anglais et le second de le rôle de ce premier ministres. Jusque là rien de très troublant dans la similitude entre la fiction et la réalité. C'est dans le développement de l'histoire que vont commencer à apparaître des similitudes troublantes. Dans un premier temps le personnage d'Ewan McGregor doit se rendre dans la résidence surprotégé de l'ancien dirigeant pour travailler sur ces mémoires. Rapidement le film prend presque des allures de huis clos et cette villa devient une prison dans laquelle notre personnage principal se voit contraint de rester. Le parallèle se fait facilement entre cette situation et celle du réalisateur coincé dans sa résidence de Gstaad par ordre judiciaire. Dans un second temps c'est le personnage du premier ministre qui doit faire face à ses actes commis dans le passé qui ressurgissent soudainement et de façon inattendu. L'identification du réalisateur au personnage devient alors plus qu'évidente. Toutefois, « The Ghost Writer » est bien plus que ce vulgaire parallèle relevant plus d'une théorie digne d'un Jean Marie Bigard plutôt que d'un vrai travail de critique. Certes ces éléments donnent une autre résonance au films mais qui n'est dût qu'au hasard de la vie.


« The Ghost Writer » est avant tout un très bon thriller flirtant avec le polar. Sur la base d'un scénario assez conventionnel pour le genre Polanski met en scène une intrigue qui tient le spectateur du début à la fin. Avec son sens du montage et de la prise de vue le cinéaste réalise un film qui ne tourne jamais en rond et qui sans être une incessante suite de rebondissement arrive à se renouveler pour surprendre jusqu'à la fin.


La seule chose qui pourrait faire du mal à « The Ghost Writer » c'est son sujet qui est tellement ancré dans l'actualité géo-politique qu'il pourrait empêché le film de traverser les générations. En effet, sur la fin des années Bush/Blair on ne comptait plus les films traitant de la guerre en Irak ou des interventions occidentales au moyen orient. Maintenant que ces années sont révolues l'heure est au bilan mais aussi au jugement. Lorsque le personnage de Pierce Brosnan est assigné face à la justice pour ces décisions pendants le conflit c'est bien Tony Blair qui est jugé pour ces actes. Cela évoque bien des choses pour les spectateur d'aujourd'hui mais dans 30 ans le message de Polanski aura t il la même force?


Ce qui est sûr c'est que « The Ghost Writer » est un véritable pieds de nez de la part du réalisateurs à ceux qui l'attaquent et malgré sa situation hélas regrettable il montre qu'il n'a pas dit son dernier mot et qu'il sait toujours faire un aussi bon cinéma qui risque de rassembler tout le monde.



7,5/10

jeudi 4 février 2010

Mes oscars 2010 à moi.


Comme d'habitude avec un peu de retard sur tout le monde je publie la liste des nominés pour les oscars. En Gras ce sont ceux qui pour moi devrait mériter le prix. Bien sûr entre les Golden Globes , les Césars et mon top de l'année vous devez commencer à comprendre ce qui m'a le plus plut cette année mais bon j'aime radoter.

Meilleur film
« Avatar » de James Cameron
« The Blind Side » de John Lee Hancock
« District 9 » de Neill Blomkamp
« Une Education » de Lone Scherfig
« Démineurs » de Kathryn Bigelow
« Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino
« Là-Haut » de Pete Docter et Bob Peterson
« In the Air » de Jason Reitman
« A Serious Man » de Joel et Ethan Coen
« Precious » de Lee Daniels


Meilleure actrice
Sandra Bullock dans « The Blind Side »
Helen Mirren dans « The Last Station »
Carey Mulligan dans « An Education »
Gabourey Sidibe dans « Precious »
Meryl Streep dans « Julie & Julia »

(oh la honte j'ai vu aucun film de tout cela)


Meilleure actrice dans un second rôle
Penelope Cruz dans « Nine »
Vera Farmiga dans « In the Air »
Maggie Gyllenhaal dans « A Crazy Heart »
Anna Kendrick dans « In the Air »
Mo’Nique dans « Precious »

(J'ai vu que "In the air" et vu ce que j'en ai pensé il est hors de question qu'un oscar soit attribué à ce film)


Meilleur acteur
Jeff Bridges dans « Crazy Heart »
George Clooney dans « In the Air »
Colin Firth dans « A Single Man »
Morgan Freeman dans « Invictus »
Jeremy Renner dans « Démineurs »


Meilleur acteur dans un second rôle
Matt Damon dans « Invictus »
Woody Harrelson dans « The Messenger »
Christopher Plummer dans « The Last Station »
Stanley Tucci dans « The Lovely Bones »
Christoph Waltz dans « Inglourious Basterds »


Meilleur film d’animation
Coraline (pas le meilleur film d'animation mais tout de même une mention spéciale)
Fantastic Mr. Fox
La Princesse et la Grenouille
The Secret of Kells
Là-Haut


Meilleure direction artistique

Avatar
L’Imaginarium du Dr Parnassus
Nine
Sherlock Holmes
Victoria : les jeunes années d’une reine


Meilleure photographie
« Avatar » de James Cameron
« Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé » de David Yates
« Démineurs » de Kathryn Bigelow
« Inglourious Basterds » de Quentin Tarantino
« Le Ruban Blanc » de Michael Haneke


Meilleur réalisateur
« James Cameron » pour Avatar
« Kathryn Bigelow » pour Démineurs
« Quentin Tarantino » pour Inglourious Basterds
« Lee Daniels » pour Precious
« Jason Reitman » pour In the Air

(Beaucoup d'hésitation entre "Démineurs", "Inglorious Basterds" et "Avatar" mais vu le chef d'œuvre que Tarantino réalise je me sens obligé de lui attribuer le prix. Kathryn Bigelow réalise avec brio son "Démineurs" et nous fait vraiment ressentir ce qu'est la guerre. Sans réaliser le film de l'année, ni même son meilleur film, Cameron réalise tout de même une prouesse au niveau de la réalisation qui marquera le cinéma à jamais.)


Meilleur film étranger
« Ajami » de de Yaron Shani et Scandar Copti (Israel)
« El Secreto de Sus Ojos » de Juan José Campanella (Argentine)
« The Milk of Sorrow » (Perou)
« Un Prophète » de Jacques Audiard (France)
« Le Ruban Blanc » de Michael Haneke (Allemagne)

(Si le "Ruban Blanc" l'emporte encore je me pend.)


Meilleur court-métrage documentaire
China’s Unnatural Disaster: The Tears of Sichuan Province
The Last Campaign of Booth Gardner
The Last Truck: Closing of a GM Plant
Music by Prudence
Rabbit à la Berlin


Meilleur court-métrage d’animation
French Roast (France)
Granny O’Grimm’s Sleeping Beauty
The Lady and the Reaper (La Dama y la Muerte)
Logorama (France)
Wallace & Gromit : sacré pétrin

(Si vous voulez jeter un coût d'oeil à l'excellent "Logorama" ça se passe ici )


Meilleur court-métrage de fiction
The Door
Instead of Abracadabra
Kavi
Miracle Fish
The New Tenants


Meilleurs costumes
Bright Star
Coco avant Chanel
L’Imaginarium du Dr Parnassus
Nine
Victoria : les jeunes années d’une reine


Meilleur documentaire
« Burma VJ » de Anders Ostergaard
« The Cove » de Louie Psihoyos
« Food Inc. » de Robert Kenner
« The Most Dangerous Man in America : Daniel Ellsberg and the Pentagon Papers » de Judith Ehrlich et Rick Goldsmith
« Which Way Home » de Rebecca Cammisa


Meilleur montage
Avatar
District 9
Démineurs
Inglourious Basterds
Precious


Maquillage
Il Divo
Star Trek
Victoria : les jeunes années d’une reine


Meilleure musique originale
« Avatar », James Horner
« Fantastic Mr. Fox », Alexandre Desplat
« Démineurs », Marco Beltrani & Buck Sanders
« Sherlock Holmes », Hans Zimmer
« Là-Haut », Michael Giaccino

(Choix par défaut parce que dans toutes les propositions c'est la seule où je me suis surpris à fredonner l'air mais la meilleur musique originale reste celle de "Max et les Maximonstres" composé par Karen O (and the Kids pour l'occasion) qui tourne en boucle sur mon mp3)


Meilleur scénario original
Démineurs
Inglourious Basterds
The Messenger
A Serious Man
Là-Haut


Meilleur scénario adapté
District 9
Une Education
In the Loop
Precious
In the Air

dimanche 31 janvier 2010

"In The Air" de Jason Reitman


Auréolé par le succès surprise mais non moins mérité de « Juno » Jason Reitman est devenue la coqueluche du cinéma indépendant aux Etats-Unis. Après ce voyage dans le teen-movie le réalisateur revient avec « In The Air » à un sujet plus proche de son premier film, « Thank you smoking », qui l'avait révélait en 2005 et dans lequel il s'attaquait aux lobbies à travers un très bon film et une critique acerbe du pouvoir de la communication. Dans « In The Air » c'est encore les grandes entreprises qui vont en prendre pour leurs grades avec un scénario construit autour de Ryan Bingham spécialiste dans le licenciement qui parcourt le pays pour virer les employés des entreprises qui ont fait appels à ses services.


Un spitch de base qui s'annonce plus que prometteur et encourageant lorsque l'on sait ce que Jason Reitman avait déjà put créer sur ce type de scénario. Comme dans tout ses films le générique d'introduction est totalement génial et permet l'immersion assez rapide dans l'histoire grâce ici à tout ces plans aériens annonçant bien cette idée de voyage. Ryan Bingham, joué par George Clooney encore une fois irréprochable, est tout aussi rapidement mis en place. Solitaire aimant être constamment sur les routes afin d'avoir le moins d'attache possible et dont le but est d'atteindre un maximum de points fidélités grâce à ses déplacements. Un homme donc qui est à première vu assez insensible et qui semble parfait pour son job. Alors que les années d'expériences dans son domaine semblent le suivre une nouvelle employé de sa boite fraichement sortie d'école de commerce tente de tout révolutionner grâce à des licenciement par vidéo-conférences qui permettrait de diminuer les frais de transports. Opposé à cette nouvelle décision Bingham décide d'emmener la jeune première en voyage pour lui montrer ce à quoi ressemble vraiment son métier.


Avec ce duo de personnage Reitman arrive bien à mettre en opposition deux visions de la vie. D'un côté Ryan Bingham qui fait presque figure de vieil ermite pour qui son métier est un art avec des manières de faire et encore garant d'un ancien monde qui se voulait plein de valeurs morales et de respect sans pour autant hésiter à jeter les gens à la rue. D'un autre côté la jeune Nathalie Keener, symptôme d'un monde décomplexé où tout est rationalisé afin d'être le plus efficaces possible sans pour autant prendre en compte d'éventuels dommages collatéraux. Aucune de ces deux positions n'est défendu par le réalisateur et elles sont même fortement critiqués. On a le choix entre un système qui vous vire mais avec le sourire et un qui vous vire de façon honnête et sûrement plus brutale. Cependant le propos émis par le cinéaste sur notre époque, car « In The Air » est bien un film de la crise, s'arrête là et s'en retrouve très limité. Le film prend souvent la facilité de ne faire qu'enchainer les séquences de licenciement et on se retrouve dans la situations où ne peut même plus s'attacher au licencié dans le sens où l'on ne connait rien d'eux. Il est presque même facile d'adopter le point de vue, plus que controversé, des protagonistes principaux tellement les employés qu'ils ont à virer semble sans histoire et donc insignifiant. En présentant également le personnage de Ryan Bingham comme quelqu'un ronger par sa propre solitude Jason Reitman choisit même presque la solution la plus conventionnelle et en devient presque mielleux. En gros comme il licencie des gens c'est un méchant monsieur donc il est obligé de passer sa vie dans la solitude. Même malgré l'interprétation sans faute de Clonney le personnage peine à avoir de la profondeur et ce n'est pas avec la trame parallèle qui apparaît dans le film concernant le mariage de sa sœur que cela change.


Une fois la première partie du film finis l'idée d'un film sociale ou, pour utiliser un gros mot, contestataire est totalement abandonné pour que « In The Air » prenne la forme d'une comédie romantique. Cette seconde partie du film, loin d'être ennuyante, résume à elle seule à quelle point le film passe à côté de son sujet. Celui-ci devient alors l'archétype de la comédie romantique qui va émouvoir toutes les groupies de Clooney qui ne seront absolument pas choqué par l'absence de fond dans tout le film. Même dans cette exercice rien de bien transcendant n'en ressort. On a le droit au drame romantique de base servis par une belle gueule et qui doit bien faire attention de ne pas trop développer un discours hors-normes sous risque de voir une bonne partie du public disparaître.


Finalement « In The Air » n'est absolument pas le film sur la crise que l'on attendait. Ce n'est même pas un grand film comme il a été annoncé. Il est même assez difficile de comprendre la pluie de nominations aux Oscars et Golden Globe dont bénéficie il bénéficie. Jason Reitman reste bien sûr dans son registre du cinéma américain indépendant qui ne manquera pas de convaincre tout les fans de « Litttle miss sunshine » et compagnie. Même si l'expérience est loin d'être insurmontable on ne peut ressortir de « In the Air » qu'avec une petite pointe de déception car pour le coup le réalisateur n'avait pas grand chose à raconter.



6/10

mercredi 27 janvier 2010

"C'est pas le téléchargement qui tue le cinéma, c'est les 9€" ?


Voila l'intitulé du nouveau groupe facebook à la mode. Le fil d'actualité étant assaillit de commentaires je n'ai pas eu le courage de remonter jusqu'aux origines du groupes pour trouver la date de création mais apparemment c'est dans le mois de janvier qu'il a été créé et on compte déjà plus de 12000 adhérents. Pour une fois un groupe facebook soulève un problème intéressant et est bien plus que le modèle du groupe pour minette pubère en mal de romantisme du type "Tais-toi et embrasse moi" ou encore "Ce sont toujours les meilleurs qui nous manquent le plus".

Bien sûr en voyant le nom de ce rassemblement virtuel mon sang n'a fait qu'un tour et en moins de temps qu'il n'en fallait pour comprendre qu'Uwe Boll est l'un des pires réalisateurs de tout les temps je me suis retrouvé adhérents du groupes. Heureux d'avoir poussé mon cri de révolte contre ces complexes qui nous considèrent comme de simple vaches à laits consommatrices de confiserie je m'empresse de lire les commentaires de mes nouveaux camarades. Hélas, alors que je pensais avoir trouvé un vrai lieu de débat (j'ai peut être était un peu trop optimiste ça reste facebook quand même) je me suis vite rendu compte que en effet ce n'était pas le piratage qui tuait le cinéma mais surtout que c'était encore moins les neufs euros. Paradoxalement ce qui tue le cinéma c'est les adhérents de ce groupe.

Allez hop! Je l'ai dit et on m'accusera encore de snobisme et de remuer le vieux débats grand public vs. public averti. Pour ma défense je tiens à dire que je laisse cette idée loin de moi. Pour moi tout les publics se valent, car par contre je reste persuadé qu'il n'y a différent type de public qui ne tendent pas à se mélanger, mais le vrai problème est la façon de profiter du cinéma.
Tout d'abord il est important de dire que le cinéma ne meurt pas. 2009 a même était une année excellent où le record d'entrée de 1982 a été battu (plus de 200 millions) . Tout au long de l'année de grand succès au box-office sont apparues et comme souvent ce fût des blockbuster. Finalement cela m'a poussé à une petite réflexion.

En partant de l'idée, déjà erroné, que le cinéma est en train de mourir essayons d'en trouver la vrai cause. On critique les 9€ mais en cherchant un peu on se rend vite compte que le prix moyen d'une place de cinéma en France est de 6€ . 3€ de différence c'est quand même pas rien (ça paye la bière après le film). En même temps on voit que les films qui ont le plus était vu sont ceux diffusés principalement dans les multiplexes, si vous n'avez pas percutez les 9€ c'est leur invention.

Comment expliquer cette différence de prix alors entre les statistiques et l'apparentes réalité? Tout simplement parce que il n'y a pas que UGC, gaumont, mk2 et pathé dans la vie. Là où se fait le vrai cinéma c'est dans les salles de proximité animée par des vrais cinéphiles et non des diplômés d'écoles de commerces. Dans ce genre de salle on trouve souvent des tarifs proche des 5€ pour le tarif plein et on peut même se débrouiller pour des abonnement où la place reviendrait à près de 4€ (je sais de quoi je parle je bosse dans une de ces salles). C'est dans ce genre d'endroit que vie le cinéma et non dans des multiplexes plus intéressé à vendre des confiseries qu'à présenter de bons films.

Donc désolé de paraitre un peu moralisateur et même si dans le fond je suis assez d'accord avec certains des propos de ce groupe j'ai quand même envie de dire que c'est pas le piratage qui tue le cinéma ni les 9€. Ce qui tue le cinéma c'est ceux qui pensent que c'est un produit de consommation comme un autre et qui se moque totalement de la façon dont il consomme les films.

On se plaint que le prix d'une place de ciné ait augmenté depuis dix ans mais est ce pour autant que les gens n'y vont plus où cherchent à payer moins chère? Nan, ils y vont même encore plus. Et puis si il y a un cinéma qui meurt c'est celui de l'indépendance. Aujourd'hui la majorité des films français qui sortent ne sont même pas rentabilisé. Pourquoi? Je ne pourrais pas donner la totalité de cette réponse mais à mon avis le fait que les spectateurs se comportent comme des bébés attendant simplement qu'on leur mette directement la cuillère de soupe dans la bouche y est pour quelque chose.

Alors voilà si on veut vraiment faire en sorte de payer moins chère le cinéma peut être faudrait-il envisager d'aller vraiment au cinéma et non pas au parc d'attraction. C'est moins chère, on y voit les même films qu'ailleurs et même encore plus.

Mais ceci reste mon humble avis.

samedi 23 janvier 2010

Nominations César 2010


Voila avec un peu de retard les nominations pour les Césars 2010. La première chose dont on peut se réjouir c'est de voir que l'académie a finalement refusé de faire la connerie l'erreur de faire un César du box-office ou de la meilleur comédie suite à la polémique suscité par l'absence du très mauvais sympathique "bienvenue chez les ch'tis" au palmarès l'an dernier.

Jetons un petit coup d'oeil sur tout cela.



Meilleur film :
A L'ORIGINE de Xavier Giannoli (Surement l'un des plus mauvais film de l'année, pourquoi est il dans cette catégorie? Cela reste un mystère)
LE CONCERT de Radu Mihaileanu
LES HERBES FOLLES de Alain Resnais
LA JOURNEE DE LA JUPE de Jean-Paul Lilienfeld
RAPT de Lucas Belvaux
UN PROPHETE de Jacques Audiard (Si ce film n'a pas le trophée le cinéma français prouvera une nouvelle fois sa médiocrité)
WELCOME de Philippe Lioret



Meilleur réalisateur :
Jacques Audiard pour UN PROPHETE (cf. meilleur film)
Lucas Belvaux pour RAPT
Xavier Giannoli pour A L'ORIGINE (cf. meilleur film)
Philippe Lioret pour WELCOME
Radu Mihaileanu pour LE CONCERT



Meilleur acteur :
Yvan Attal pour RAPT
François Cluzet pour A L'ORIGINE
François Cluzet pour LE DERNIER POUR LA ROUTE
Vincent Lindon pour WELCOME
Tahar Rahim pour UN PROPHETE



Meilleure actrice :
Isabelle Adjani pour LA JOURNEE DE LA JUPE
Dominique Blanc pour L'AUTRE
Sandrine Kiberlain pour MADEMOISELLE CHAMBON
Kristin Scott Thomas pour PARTIR
Audrey Tautou pour COCO AVANT CHANEL



Meilleur acteur dans un second rôle :
Jean-Hugues Anglade pour PERSECUTION
Niels Arestrup pour UN PROPHETE
Joey Starr pour LE BAL DES ACTRICES
Benoît Poelvoorde pour COCO AVANT CHANEL
Michel Vuillermoz pour LE DERNIER POUR LA ROUTE



Meilleure actrice dans un second rôle :
Aure Atika pour MADEMOISELLE CHAMBON
Anne Consigny pour RAPT
Audrey Dana pour WELCOME
Emmanuelle Devos pour A L'ORIGINE
Noémie Lvovsky pour LES BEAUX GOSSES



Meilleur espoir masculin :
Firat Ayverdi dans WELCOME
Adel Bencherif dans UN PROPHETE
Vincent Lacoste dans LES BEAUX GOSSES (Les USA ont leur Michael Cerra, la France a maintenant son Vincent Lacoste qui mérite ce trophée)
Tahar Rahim dans UN PROPHETE (Comme il aura déjà celui de meilleur acteur espérons que il laisseront le meilleur espor pour Vincent Lacoste le jeune pubère des « Beaux Gosses »)
Vincent Rottiers dans JE SUIS HEUREUX QUE MA MERE SOIT VIVANTE



Meilleur espoir féminin :
Pauline Etienne dans QU’UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT
Florence Loiret-Caille dans JE L’AIMAIS
Soko dans A L’ORIGINE (Je réaffirme que le film est l'un des plus mauvais de l'année mais la seule chose qui m'a poussé à ne pas quitter la salle c'était bien Soko qui à elle seule sauve « A L'oirigne ». Elle mérite le trophée malgré le film)
Christa Theret dans LOL (Laughing Out Loud)®
Mélanie Thierry dans LE DERNIER POUR LA ROUTE



Meilleur premier film :
LES BEAUX GOSSES de Riad Sattouf (Riad Sattouf est passé de la BD au grand écran sans aucun problème et reste totalement fidèle à son travail. Il offre enfin à la France un teen movie de qualité qui devrait normalement être félicité par l'académie.)
LE DERNIER POUR LA ROUTE de Philippe Godeau
ESPION(S) de Nicolas Saada (Un premier film intéressant et maitrisé qui hélas n'est pas totalement abouti et laisse une petite déception sur la fin).
LA PREMIERE ETOILE de Lucien Jean-Baptiste
QU'UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT de Léa Fehner



Meilleur scénario original :
Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri et Nicolas Peufaillit pour UN PROPHETE (« Un Prophète » et puis un point c'est tout)
Xavier Giannoli pour A L'ORIGINE
Jean-Paul Lilienfeld pour LA JOURNEE DE LA JUPE
Philippe Lioret, Emmanuel Courcol et Olivier Adam pour WELCOME
Radu Mihaileanu et Alain-Michel Blanc pour LE CONCERT



Meilleure adaptation :
Stéphane Brizé et Florence Vignon pour MADEMOISELLE CHAMBON
Anne Fontaine et Camille Fontaine pour COCO AVANT CHANEL
Philippe Godeau et Agnès de Sacy pour LE DERNIER POUR LA ROUTE
Laurent Tirard et Grégoire Vigneron pour LE PETIT NICOLAS
Alex Réval et Laurent Herbiet pour LES HERBES FOLLES



Meilleure musique :
Armand Amar pour LE CONCERT
Alex Beaupain pour NON MA FILLE, TU N'IRAS PAS DANSER
Alexandre Desplat pour UN PROPHETE
Cliff Martinez pour A L'ORIGINE (Disons que c'est la deuxième, et bien la dernière, chose qui a fait en sorte que je ne sorte pas de la salle lors du film, pour la première chose cf. espoir féminin)
Nicola Piovanni pour WELCOME



Meilleur son :
LE CONCERT
WELCOME
A L'ORIGINE
UN PROPHETE
MICMACS A TIRE-LARIGOT



Meilleurs Décors :
UN PROPHETE
MICMACS A TIRE-LARIGOT (Grâce à Jean-Pierre Jeunet « A l'origine » ne récupére pas le titre du film le plus nul de l'année, ce n'est pas un film qu'il aurait du faire mais bien un album photo car ces magnifiques décors sont complétement dévalorisé lorsque les images s'animent et que le son s'active)
OSS 117 : RIO NE REPOND PLUS
A L'ORIGINE
COCO AVANT CHANEL



Meilleurs costumes :
COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY
OSS 117 : RIO NE REPOND PLUS
MICMACS A TIRE-LARIGOT
COCO AVANT CHANEL
UN PROPHETE



Meilleure photo :
COCO AVANT CHANEL
WELCOME
UN PROPHETE
LES HERBES FOLLES
A L'ORIGINE



Meilleur montage :
A L'ORIGINE
LES HERBES FOLLES
WELCOME
LE CONCERT
UN PROPHETE



Meilleur film étranger :
AVATAR de James Cameron
GRAN TORINO de Clint Eastwood
HARVEY MILK de Gus Van Sant
J'AI TUE MA MERE de Xavier Dolan (Au risque de paraître trop francophones ce film reste pour moi le meilleur film de cette sélection qui en plus a été réalisé par un jeune prodige de 20 ans)
PANIQUE AU VILLAGE de Stéphane Aubier et Vincent Patar
LE RUBAN BLANC de Michael Haneke
SLUMDOG MILLIONAIRE de Danny Boyle



Meilleur film documentaire :
L'ENFER DE HENRI-GEORGES CLOUZOT de Serge Bromberg et Ruxandra Medrea
LA DANSE, LE BALLET DE L'OPERA DE PARIS de Frédérick Wiseman
HIMALAYA, LE CHEMIN DU CIEL de Marianne Chaud
HOME de Yann-Arthus Bertrand
NE ME LIBEREZ PAS JE M'EN CHARGE de Fabienne Godet



Meilleur court métrage :
C'EST GRATUIT POUR LES FILLES de Claire Burger et Marie Anachoukeli
DONDE ESTA KIM BASINGER ? de Edouard Deluc
LA RAISON DE L'AUTRE de Foued Mansour
SEANCE FAMILIALE de Cheng-Chui Kuo
LES WILLIAMS de Alban Mench

"Agora" de Alejandro Amenábar


8 ans après le succès du film « Les autres » Alejandro Amenábar retourne une nouvelle fois vers les États-unis pour produire son nouveau film, « Agora ». Avec les derniers succès en date de péplums tel que « 300 », « Troie » ou encore « Alexandre » le réalisateur espagnol aurait put rapidement tomber dans la facilité de l'infographie se contentant d'une simple reproduction d'époque, il n'en est rien. En plus d'éviter les pièges du péplum à grand spectacle « Agora » se permet également de construire un discours rendant honneur à Hypatie, la philosophe dont la vie a inspiré le film interprété à merveille par Rachel Weisz.

Il est ici bien question d'inspiration et à aucun moment Amenábar ne recherche l'exhaustivité. L'histoire d'Hypatie remonte à si longtemps (415 après JC) que la majorité de ses travaux ont été perdus et sa situation de païennes n'a bien sûr pas encourager les chrétiens à perpétuer son héritage. « Agora » se présente donc comme une fiction et n'est en aucun cas à prendre comme un biopic, genre qui aurait empêché tout le propos du film d'exister. C'est surtout dans la mise en scéne de la chute d'une civilisation, en l'occurrence l'empire romain, et la fin d'une ère qu'« Agora » présente tout son intérêt.

Alors que le christianisme n'est encore qu'une secte juive et que les principaux culte reste païens Hypatie enseigne au sein de la bibliothèque d'Alexandrie la philosophie, au sens premier du terme (la recherche de la sagesse), à ses disciples. Qu'ils soient juifs, chrétiens ou païens tous reçoivent le même enseignement de la part de la philosophe qui leur apprend leur égalité en tant qu'individu. Toutefois l'avènement d'une nouvelle religion va remettre en cause ces travaux et faire naitre de nombreux conflits.

Ce n'est pas avec « Agora » que la religion chrétienne est montré sous son plus beau jour. En prenant le partie pris de la présenter comme une religion encore naissante, de l'ordre de la secte, le réalisateur s'attaque à l'obscurantisme dont à fait preuve la chrétienté au cours de son histoire et l'extrémisme de certains de ses premiers leaders. Le film n'en devient pas pour autant un cliché du manifeste anti-chrétien. Que ce soit le christianisme, le judaïsme ou les religions païennes qui sont décrites chacune est présentée sur un pieds d'égalité. « Agora » n'est pas non plus un film anti-religieux. La scène du premier contact de Davus, l'esclave d'Hypatie joué par Max Minghella, avec les chrétiens montre toute la charité qui découle de cette religion et l'importance de certains de ces principes moraux. Ce n'est pas pour autant que le réalisateur devient mou lorsqu'il montre comment les chrétiens ont détruit sans gêne la bibliothèque d'Alexandrie à cause de ses origines païennes ou encore lorsque ces derniers lapident tout ceux qui ne suivent pas leur préceptes.

C'est l'extrémisme qui est constamment attaqué dans « Agora » et même si la vérité historique n'est pas tout le temps respecté cette critique est faite avec une grande intégrité intellectuel et une ouverture d'esprit qui fait aujourd'hui défaut aux principaux dignitaires religieux.

En portant une attention particulière à tous ce discours philosophique Alejandro Amenábar n'en délaisse pas pour autant toute la dimension grand public de son cinéma et arrive une nouvelle fois à allier réflexion avec divertissement. La qualité de la reconstitution en fait un excellent spectacle qui ne manquera pas de conquérir tout type de spectateur.

Après le thriller (« Tesis »), le fantastique (« Les autres », « Ouvre les yeux ») et le drame (« Mare Adentro ») c'est un à un tout nouveau genre que s'attaque le réalisateur espagnol et il prouve que quelque soit le registre il est toujours aussi à l'aise. Il nous apprend également que le cinéma espagnol est loin, même très loin, de se résumer à celui d'Almodóvar et qu'il existe des talents bien plus grand que ce dernier. Finalement, alors que l'obscurantisme religieux revient au goût du jour, qu'on n'hésite pas à réinterpréter les écrits pour mieux arriver à des fins politiques « Agora » est un film qui fait extrêmement de bien et qui, malgré son époque marqué dans l'antiquité, tient un discours très actuel.


9/10

lundi 18 janvier 2010

Palmarés de la 67éme cérémonie des Golden Globes


Cette nuit se déroulait aux Etats-unis la 67éme cérémonie des Golden Globes récompensant chaque année les meilleurs production dans l'industrie du cinéma mais aussi de la télévision. Souvent considérer comme l'antichambre des Oscars les Golden Globes marquent le début de la saison des récompenses. Petit coup d'oeil sur le palmarès de cette soirée ainsi que mon avis sur les lauréats.






Meilleur film dramatique: "Avatar", de James Cameron.

Nommés : Démineurs (2008)
Inglourious Basterds (2009)
Precious (2009)
In The Air (2009)

Avis : "Avatar" a beau être une révolution dans le cinéma et l'un des meilleurs films de l'année je n'irais pas jusqu'à lui remettre la récompense suprême. "Inglorious Basterds" reste pour moi le meilleur film de l'année. J'attend quand même toujours avec impatience les sorties française de "Precious" et "Up in the air"

Meilleur comédie ou comédie musicale: "Very Bad Trip", de Todd Phillips.

Nommés : 500 Jours Ensemble (2009)
Pas Si Simple (2009)
Julie & Julia (2009)
Nine (2009)

Avis : "Very Bad Trip" a beau être l'une des meilleurs comédies de l'année mon coup de coeur de cette catégorie reste "(500) jours ensemble" qui je trouve comme un peu à être dévalorisé.


Meilleur acteur dans un drame: Jeff Bridges, "Crazy Heart".

Nommés : George Clooney dans In The Air (2009)
Colin Firth dans A Single Man (2009)
Morgan Freeman dans Invictus (2009)
Tobey Maguire dans Brothers (2009)

Avis : On a pas encore eu l'occasion de voir ni "A Single Man", ni "Crazy Heart", ni "Brothers", ni "In the air" donc c'est un peu dur de juger cette récompense pour nous spectateur français mais en tout cas on peut dire que la compétition est serré car Clooney a encore l'air épatant dans "In the air" et Tobey Maguire semble atteindre un niveaux dont on ne l'aurait jamais soupçonné dans "Brothers".

Meilleure actrice dans un drame: Sandra Bullock, "The Blind Side".

Nommées :
Emily Blunt dans Victoria : Les Jeunes Années D’Une Reine (2009)
Helen Mirren dans The Last Station (2009)
Carey Mulligan dans Une éducation (2009)
Gabourey ‘Gabby’ Sidibe dans Precious (2009)

Meilleur réalisateur: James Cameron, "Avatar".

Nommés : Kathryn Bigelow pour Démineurs (2008)
Clint Eastwood pour Invictus (2009)
Jason Reitman pour In The Air (2009/I)
Quentin Tarantino pour Inglourious Basterds (2009)

Avis : Même si son film n'est pas le meilleur de l'année cette récompense reste totalement justifié car avec "Avatar" Cameron en tant que réalisateur crée des choses que personne n'avait créé auparavant et ainsi il se démarque de tout ces autres collégues cette année.

Meilleur acteur dans une comédie ou comédie musicale: Robert Downey Jr., "Sherlock Holmes".

Nommés : Matt Damon pour The Informant ! (2009)
Daniel Day-lewis pour Nine (2009)
Joseph Gordon-levitt for 500 Jours Ensemble (2009)
Michael Stuhlbarg pour A Serious Man (2009)

Meilleure actrice dans une comédie ou comédie musicale: Meryl Streep, "Julie et Julia".

Nommés : Sandra Bullock pour La Proposition (2009)
Marion Cotillard pour Nine (2009)
Julia Roberts pour Duplicity (2009)
Meryl Streep pour Pas Si Simple (2009)


Meilleur acteur dans un second rôle: Christoph Waltz, "Inglourious Basterds".

Nommés : Matt Damon pour Invictus (2009)
Woody Harrelson pour The Messenger (2009)
Christopher Plummer pour The Last Station (2009)
Stanley Tucci pour Lovely Bones (2009)

Avis : Récompense totalement mérité pour Christoph Waltz. Aprés le prix d'interprétation à Cannes ce Golden Globe montre vraiment qu'on est face à un acteur hors du commun.

Meilleure actrice dans un second rôle: Mo'Nique, "Precious".

Nommés : Penelope Cruz pour Nine (2009)
Vera Farmiga pour In The Air (2009)
Anna Kendrick pour In The Air (2009)
Mo’Nique pour Precious (2009)
Julianne Moore pour A Single Man (2009)

Meilleur film en langue étrangère: "Le Ruban Blanc", de Michael Haneke.

Nommés : Étreintes Brisées (2009) de Pedro Almodovar (Espagne)
La Nana (2009) de Sebastián Silva (Chili)
Un Prophète (2009) de Jacques Audiard (France)
Baaria – La Porte Del Vento (2009) de Giuseppe Tornatore (Italie)

Avis : Alors oui le film d'Haneke a eu la palme d'or, oui tout le monde me dit que c'est un chef d'oeuvre et oui cette récompense et peut être mérité mais ma mauvaise foi couplée à mon dégout du cinéma d'Haneke m'ont empéché d'aller voir "Le Ruban Blanc". Et puis de tout façon le meilleur film de cette catégorie c'est "Un prophète un point c'est tout.

Meilleur film d'animation: "Là-Haut".

Nommés : Tempête De Boulettes Géantes (2009)
Coraline (2009)
Fantastic Mr Fox (2009)
La Princesse Et La Grenouille (2009)

Avis :C'est logique que le meilleur film d'animation de l'année remporte le Golden Globe du meilleur film d'animation, nan?

Meilleur scénario: Jason Reitman et Sheldon Turner, "In the Air".

Nommés : District 9 (2009): Neill Blomkamp, Terri Tatchell
Démineurs (2008): Mark Boal
Inglourious Basterds (2009): Quentin Tarantino
Pas Si Simple (2009): Nancy Meyers


Meilleure bande originale: Michael Giacchino, "Là-Haut".

Nommés : The Informant ! (2009): Marvin Hamlisch
Là-haut (2009): Michael Giacchino
Max Et Les Maximonstres (2009): Carter Burwell, Karen Orzolek
Avatar (2009): James Horner
A Single Man (2009): Abel Korzeniowski

Avis: C'est bel et bien Karen Orzolek qui aurait dut remporter cette récompense pour la musique de "Max et lex maximonstres". La bande originale du film sort enfin des sentiers battus du genre et bizarrement on se retrouve très vite à écouter le CD en boucle.

Meilleure chanson originale: "The Weary Kind", thème de "Crazy Heart", écrite par Ryan Bingham et T Bone Burnett.

Nommés : Everybody’S Fine (2009): Paul Mccartney (« (I Want To) Come Home »)
Nine (2009): Maury Yeston (« Cinema Italiano »)
Brothers (2009) (« Winter »)
Avatar (2009) (« I See You »)



TELEVISION:

Meilleure série dramatique: "Mad Men", AMC.

Meilleur acteur dans une série dramatique: Michael C. Hall, "Dexter".

Meilleure actrice dans une série dramatique: Julianna Margulies, "The Good Wife".

Meilleure série comique ou musicale: "Glee", Fox.

Meilleur acteur dans une série musicale ou comique: Alec Baldwin, "30 Rock".

Meilleure actrice dans une série comique ou musicale: Toni Collette, "United States of Tara".

Meilleur téléfilm ou minisérie: "Grey Gardens," HBO.

Meilleure actrice dans un téléfilm ou une minisérie: Drew Barrymore, "Grey Gardens".

Meilleur acteur dans un téléfilm ou une minisérie: Kevin Bacon, "Taking Chance".

Meilleure second rôle féminin dans une série, un téléfilm ou une minisérie: Chloe Sevigny, "Big Love".

Meilleur second rôle masculin dans une série, un téléfilm ou une minisérie: John Lithgow, "Dexter".

Martin Scorcese s'est par ailleurs vu remettre le prix Cecil B. DeMille pour l'ensemble de sa carrière, des mains de Robert De Niro.



Pour la petite info les Golden Globes sont remis chaque année par La Hollywood Foreign Press Association (« Association hollywoodienne de la presse étrangère ») - ou HFPA - qui est une organisation regroupant des journalistes spécialisés dans le cinéma américain mais dépendant de publications étrangères aux États-Unis. Fondée en 1943 par un correspondant du quotidien britannique le Daily Mail, son but premier est la promotion des productions hollywoodiennes (cinéma et télévision) dans le monde entier. Ses membres votent et décident chaque année des nominations et attributions des Golden Globes, récompensant les productions de l'année précédente.

samedi 16 janvier 2010

"Invictus" de Clint Eastwood


Plus rien ne semble arrêter Clint Eastwood. A presque 80 ans il continue encore à enchainer les films à un rythme tel qu'on se dit que le grand père n'a pas encore dit son dernier mot. En plus de tenir cette régularité dans la quantité le réalisateur n'en oublie pas pour autant le qualitatif. Après le succès de « Million Dollar Baby », le diptyque « Mémoire de nos pères »/ « Lettres d'Iwo Jima » et le double coup l'année dernière avec « L'échange » et « Gran Torino » la barre a été mise si haute que l'on devait forcément s'attendre à un moment ou à un autre une retombé.


Et bien ce n'est pas avec « Invictus » que Clint Eastwood lâche prise. On est pas non plus face à un énième chef d'œuvre du maitre mais le film est encore un exemple de ce que l'on peut faire de mieux au cinéma.


Pour jouir au maximum d' « Invictus » il faut se situer en tant que spectateur un brun naïf et ignorant car c'est ses qualités cinématographiques qui en font un grand film et pas du tout sa dimension politique. En effet d'un point de vue historique, intellectuel et politique « Invictus » est assez caricatural, flirtant parfois presque avec la démagogie. On peut retrouver les même petits défauts que pour « Gran Torino », c'est à dire des ficelles un peu trop grosses et des changements d'opinion peut être trop rapide. Pour la fiction cela fonctionnait mais dans « Invictus » il s'agit d'élément historique presque encore d'actualité. Selon le dernier film de Clint Eastwood la fin de l'apartheid en Afrique du Sud serait passé aussi facilement qu'une lettre à la poste et l'unification de la nation sud-africaine ne serait dut qu'à cette coupe du monde de rugby. Sans remettre en cause la valeur symbolique et historique de cet événement on peut légitimement se poser la question de savoir si l'angle d'analyse d'Eastwood est bon par rapport à l'immensité du problème car malgré toute la puissance que peut avoir cette histoire il est dur de croire qu'il n'a fallut que ça pour réconcilier le peuple sud-africain. C'est donc par des chemins un peu courts et une avalanche de bons sentiments que le cinéastes présente cette histoire.

Toutefois, et ça ne manquera pas d'en énerver plusieurs, ça marche. On pourra toujours reprocher à Clint Eastwood d'être réactionnaire et moralisateur, et il l'est sûrement, mais ces films restent tout de même des grands moments de sagesse au discours humanistes. Le propos du film est compris et ne manquera pas de convaincre la majorité des spectateurs en jouant sur les valeurs facile de la tolérance entre les peuples, le pardon et le pacifisme.


On a souvent reproché à Clint Eastwood d'être trop académique mais le fait est qu'on ne peut pas reproché à un homme de 80 ans de ne pas être dans les avants-gardes et surtout quand on voit le résultat de ses films on à envie de demander à ses détracteurs ce qui leur pose problème. « Invictus » est tout simplement le résultat d'une mise en scène maitrisé où le réalisateur sait pertinemment à quel moment il faut utiliser telle ou telle émotion. C'est dans un vrai fable politique que nous entraine le cinéaste en évitant les pièges du biopic mimétique qui se serait contentait d'être un simulacre de la réalité. La question n'est pas de savoir à quel point le retranscription d'Eastwood est fidèle à la réalité mais plutôt comment celui ci s'est approprié l'histoire pour développer son film et propager son discours. « Invictus » réussit également dans le fait de ne pas être simplement un film de sport. Le rugby ici ne sert que de toile de fond à une histoire bien plus émouvante qu'un essai transformé. C'est surtout la façon dont le sport sert de vecteur sociale qui est exploité ici et comment une victoire du genre peut constituer les début d'une identité nationale, qui malgré ce que veulent nous faire croire certains ne se construit pas uniquement sur la couleur de la peau, la langue parlé ou l'éducation reçu.


Malgré cette vision assez simpliste de la fin de l'apartheid en Afrique du sud « Invictus » reste un moment de très grand cinéma qui ne manquera pas de marquer ce début d'année. Pour la énième fois Clint Eastwood montre qu'il est bien un grand réalisateur et tout ce qu'on attend c'est son prochain film.



8/10

samedi 19 décembre 2009

"Avatar" de James Cameron


11 ans c'est long, surtout quand il est question d'attendre un nouveaux long métrage d'un des réalisateurs les plus important de notre temps, James Cameron. Bien sûr ce n'est pas comme si il n'avait rien fait pendant ces années. Ses documentaires sur les fonds marins étaient plus qu'intéressant et il a profité de cette période pour créer la série culte « Dark Angel ». Toutefois attendre 11 ans pour le nouveaux film du réalisateur de « Titanic », « Terminator » ou « Aliens » ça reste quand même long.

James Cameron tient bien à faire comprendre qu'il est de retour et qu'il va de nouveau changer le visage du cinéma. Dés le début de sa conception « Avatar » a été annoncé comme la nouvelle révolution du cinéma et quelque chose de visuellement inédit. A force de rabâche cela maintes fois pendant toute la promotion de son film le réalisateur commencé à paraître un peu présomptueux et aurait put en énerver plus d'un mais rendons à César ce qui est à César, « Avatar » tient entièrement ses promesses. James Cameron peut paraître prétentieux mais l'expérience montre qu'il est tout à fait conscient de ses capacités et n'hésite pas à les mettre en avant.

« Avatar » n'est pas non plus le plus grand film de tout le temps pour une simple et bonne raison, son scénario. En effet, on est presque déboussolé de voir un scénario aussi simple mis en image avec autant de technologie. L'argument de vente n'est donc pas son histoire mais bien la prouesse technique qui vient compenser ce manque d'originalité. Toutefois, en créant de toute pièce un nouveaux monde Cameron arrive à accrocher les spectateurs plus de 2h30 devant l'écran ébahis comme si ils avaient été envoyé sur la planète Pandora. Et puis manque, d'originalité n'est pas forcément synonyme de nullité. « Avatar » constitue ce que Joseph Campbell avait définit sous l'appellation 'monomythe'. Une façon de dire que tous les mythes du monde racontent essentiellement la même histoire, sur laquelle ils ne sont que des variations. Toute la saga « Star Wars » est basé sur cette narration et l'exemple le plus concret est la trilogie « Le seigneur des anneaux », est ce pour autant que les films sont nul? ( que celui qui répond oui sorte tout de suite de la salle).

Par sa simplicité « Avatar » parle à tout le monde et arrive même à délivrer son petit message écolo et pacifiste. Il est un peu difficile de ne pas faire le parallèle entre le film et l'actualité de cette dernière décennie, durant laquelle le film à été conçut. « Avatar » est grossièrement l'histoire d'une armée qui débarque un beau jour sur un territoire étranger pour profiter des ressources énergétiques à exploiter mais pour cela ils sont obligés de déloger toute la populations. Ca ne vous rappelle rien? « Avatar » est en quelque sorte la retranscription fantastique du conflit dans le golfe. C'est là qu'on se rend compte que James Cameron est un vrai cinéastes car même avec le scénario le plus banale il arrive à faire du grand cinéma qui ne se contente pas de faire toute exploser, mais bien de raconter une histoire. Le film renvoi à ces scénarios de science-fiction des années 80 où l'on n'hésitait pas à enchainer les blockbuster divertissant sur des scénario aussi simple mais cela n'a pas empêché à certains films cultes de voir le jour. Ce n'est pas parce que l'on approche 2010 et que l'on a eu des blockbuster très intelligent (« Matrix », Les nouveaux batman...) qu'on n'a plus le droit d'apprécier une histoire simple mais toujours efficace. « Avatar » est à ranger dans cette catégorie de film grand public qui ne se contente pas que d'abrutir les masses et qui porte un attention particulière à offrir un vrai spectacle pour que les spectateurs en aient pour leur argent.

Renvoyant également à de nombreuses autres références, on ne peut s'empêcher de penser à une sorte de « Pocahontas » version S-F, « Avatar » est destiné à rentrer directement dans la pop-culture, et en plus par la grande porte. James Cameron a créé un monde déclinable sur tout les supports, ce qui va faire le bonheur de tout les geeks de la planète, qui sont aujourd'hui ceux qui choisissent les nouvelles tendances, et par la même occasion de toute une partie de l'industrie cinématographique.

D'un point de vue technique « Avatar » donne enfin à la technologie 3D une raison d'exister. Alors que les précédents films sorti dans ce format se contentait de superposer différents plan 2D pour créer cette impression de relief « Avatar » lui utilise à merveille le procédé et offre une toute nouvelle dimension au film. James Cameron a complètement compris l'enjeu de cette technologie et montre déjà une maitrise impressionnante de celle ci. Les arrières plans gagnent en profondeur, le monde quasi-féerique qu'a créé Cameron nous envoute totalement et c'est réellement une nouvelle expérience cinématographique à laquelle nous assistons. En plus d'une 3D bluffante les effets spéciaux du film sont à couper le souffle. Les Na'vi, créés grâce à la technique de motion capture, semble presque plus humains que d'autres personnages du films et on verrait presque les pores de leurs peaux sur certains gros plans. James Cameron a tout simplement ouvert une brèche dans laquelle il faudra s'engouffrer si on ne veut pas que la 3D reste au stade de simple attraction.

Cameron a de nouveaux marqué le visage du cinéma. C'est peut être la troisième fois qu'il explose le record du film le plus chère (il y eu avant « Terminator 2 » et « Titanic ») mais quand on voit le résultat on se dit que c'est totalement justifié et que c'est presque une offrande qui est faite au cinéma, à l'inverse d'un « Spiderman 3 » qui tenait actuellement le record. La meilleur chose que l'on puisse espérer et qu'il ne faille pas encore attendre 11 ans pour un nouveau film de James Cameron et que « Avatar » ne soit pas juste le coup de chance d'une seule fois car en sortant de la salle tout ce qu'on a envie c'est d'y retourner et de profiter encore de ce monde.


8/10

vendredi 18 décembre 2009

Top de l'année 2009

L'année 2009 touche à sa fin, comme tout les journaux, revues, magazines et autres blogs c'est une période très intéressante car chaque fin d'année sous semblant d'intellect et de bilan tout le monde fait son petit classement des meilleurs choses de l'année.
Ne nous méprenons pas, si vous voulez savoir quelle est mon top de l'année lisez le blog et classez vous même les films que j'ai critiqué. Si je fais mon top c'est juste que ça me permet d'avoir un article facile et gratuit fort utile vu mon rythme de publication assez lent en ce moment.
En dehors de cet opportunisme il faut aussi reconnaitre que ce genre de classement permet de nous rendre compte que l'année cinématographique 2009 est bien meilleur que ce que l'on peut croire quand on voit les sorties depuis septembre. Bien sûr de nombreux films plus qu'intéressant sont sortis depuis le début de l'année scolaire mais à côté du nombre de films médiocre la moyenne est très faible.

Bref, voici le top des films qui pour moi ont marqués l'année, n'ont peut être pas tous révolutionné le cinéma mais m'ont tous fait vibrer.



N°20
Toute l'histoire de mes échecs sexuelles de Chris Waitt
Dans ce documentaire hilarant le réalisateur indé Chris Waitt met ses problèmes sexuelles en scènes pour finalement répondre à l'angoisse de nombreux hommes : "et si mon kiki ne fonctionnait plus et que je finissais ma vie tout seul à cause de ça?". Un documentaire excellent qui montre qu'on n'est pas obligé d'être Michael Moore pour faire de la comédie sur un sujet sérieux dans ce format de cinéma.








N°19
Une nuit à New-York de Peter Sollet
Un film avec Michael Cerra en tête d'affiche ne peut être qu'un teen-movie. Toutefois on est bien loin du cliché "American Pie" de la fin des année 90 et Peter Sollet réussit à merveille l'adaptation du bouquin "Nick and Norah's infinite playlist" en mettant en scéne un New-York nocture, festif et rock qui renvoit à nos soirées d'ado finissant à pas d'heure.








N°18
Star Trek de J.J. Abrams


Abrams est carrément passé au statut d'icone geek. Son oeuvre avait déjà bien participé à la construction de cette culture et c'est à la même culture qu'il fait honneur en adaptant ce monument de la science-fiction. Il y'en aura toujours qui viendront dire que l'esprit original n'y est plus mais ce qui est sûr c'est que ce "Star Trek" offre un énorme spectacle et redonne un coup de jeune à une oeuvre à deux doigt de devnir ultra-kitsh.





N°17
Ils mourront tous sauf moi de Valéria Gaï Guermanika
Mention spécial de la caméra d'or et prix regard jeune à Cannes 2008 "Ils mourront tous sauf moi" est sûrement l'une des révélations de l'année. Réalisé par une jeune russe de 23 ans le film au style quasi-documentaire porte une regard touchant et dur sur la jeunesse russe. Bien loin du monde édulcoré des films sur les ados des réalisateurs occidentaux ce long métrage reste l'un des plus mature sur le sujet et peut être le plus juste quand à la difficulté de grandir dans ses environnements.






N°16
Girlfriend experience de Steven Soderbergh
Boulimique de la caméra Steven Soderbergh signe avec "Girlfriend experience" son troisième film, sur quatre, de l'année. OVNI cinématographique cette création a à la fois tout pour faire fuir la plupart des spectateurs mais en même temps tout pour faire vibrer les avertis. L'actrice porno Sasha Grey arrête pour 70 minutes les ''deep throat'' à tout va et livre une performance impressionnante. Soderbergh quand démontre encore une fois sa maitrise de l'image en développant son propos sur l'effet que l'argent a sur les individus.






N°15
Funny People de Judd Apatow
D'une maturité surprenante Funny People est à ce jour la meilleur réalisation du grand gourou de la comédie américaine, j'ai nommé mister Judd Apatow. Avec des acteurs tout aussi étonnants "Funny People" semble bien loin des productions précédentes de l'écurie Apatow et il en ressort une oeuvre prenante et émouvante sur un sujet dont il est au départ compliqué de se dire qu'on peut rire dessus.








N°14
Frost/Nixon : l'heure de vérité de Ron Howard
Capable du meilleur comme du pire Ron Howard semblait être dans une très bonne période lorsqu'il a tourné "Frost/Nixon...". En dehors de l'aspect historique du film, excellemment bien traité, Howard réalisé un très bon film sur les médias et leur fonctionnement. Il se montre d'un intégrité intellectuelle sans faille en ne prenant jamais partie et en présentant les hommes tels qu'ils sont. Hélas un mois plus tard sortait "Anges et Démon" du même réalisateur et là on a vite déchanté.







N°13
Looking for Eric de Ken Loach
Moins imposant que ses dernières œuvres Ken Loach signe tout de même un film réussi et touchant dans un registre comique dont le réalisateur avait déjà prouvé son aisance auparavant. C'est peut être bien plus naïf que d'habitude mais le film fonctionne à merveille et Ken Loach reste encore à ce jour le mieux placé pour mettre en image les galères sociales.








N°12
Avatar de James Cameron

Sûrement le film le plus attendu de l'année et cette attente était totalement justifié. Cameron a réalisé la révolution qu'il avait annoncé en créant un monde entier et magnifique. Basé sur un scénario on ne peut plus simple "Avatar" est une claque visuelle de 2h30 qui va changer le visage du cinéma. Pour faire dans la phrase cliché : il y aura maintenant un avant et un après "Avatar".







N°11
Là Haut de Bob Peterson et Pete Docter
Plus besoin de se poser la question, Pixar sont bien les maitres de l'animation. Ceci est encore confirmé avec "Là Haut", fable émouvante sur la vieillesse et la peur de la mort. Un film pour enfant? Pas tellement. Encore une fois les équipes de réalisation se sont surpassé et arriver à faire vibrer l'ensemble du public.









N°10
Joy Division de Grant Gee

Malgré la réussite du film "Control" l'année dernière relançant l'intérêt pour le groupe Joy Division le documentaire est totalement placé à la trappe. Pourtant le film est surement le meilleur traitement du groupe que l'on peut trouver au cinéma. En mettant en parallèle la ville de Manchester et la vie de "Joy Division" Grant Gee signe un documentaire qui ne peut que porter au bord des larmes toute personnes s'intéressant à la vrai musique.






N°9
Un prophète de Jacques Audiard
Seul film français dans le classement on entend souvent dire de "Un prophète" qu'il aurait dut être palme d'or cette année mais bon grand prix du jury c'est déjà pas mal. Audiard nous plonge profondément dans le milieu carcéral et va là ou aucune caméra, aucune journalistes et aucun politique n'a jamais osé aller. Surement le meilleur film français de ces dernières années.








N°8
Max et les Maximonstres de Spike Jonze
Un film pour enfant ou un film sur les enfants? Je me pose encore la question tellement "Max et les maximonstres" est spécial. En tout cas Spike Jonze montre qu'il aime les histoires bizarres et l'imaginaire et c'est un film émouvant qui en ressort. Même si ce n'est sûrement pas le public jeune qui va le plus profiter du film tout ceux qui le regardent redeviennent instantanément des enfants pour la durée du film.








N°7
J'ai tué ma mère de Xavier Dolan
Encore un jeune prodige pour l'année 2009. Quand "J'ai tué ma mère" sort Xavier Dolan n'a que 20. Il a donc écrit, tourné et joué le film entre ces 18 et ces 20 ans. Vu le sujet on aurait put s'attendre à une morale puéril du genre 'nique les adultes et vive l'adolescence' mais "J'ai tué ma mère" se révèle d'une maturité impressionnante et en 1h30 presque tout les problèmes qu'un fils peut avoir avec sa mère sont analyser et décortiquer. Ce qui est sûr c'est que c'est la naissance d'un artiste à laquelle nous venons d'assister.






N°6
(500)jours ensemble de Marc Webb
Comédie romantique libellé sundance de l'année "(500) jours ensemble" se démarque surtout par l'originalité de sa structure et son approche des rapports amoureux. Le clippeur Marc Webb arrive à utiliser ses acquis pour réaliser son premier film en ne lésinant pas sur le côté arty. Malgré un résultat assez édulcoré le film n'est pas si naïf qu'il peut paraitre et surprendra même toute les petites minettes en mal de bon sentiments.








N°5
Gran Torino de Clint Eastwood

Autre boulimique de la caméra Clint Eastwood montre, malgré son âge avancé, dans "Gran Torino" qu'il n'a pas dit son dernier mot et pour l'occasion il revient même face à la caméra afin de porter un film impressionnant qui surprend par une possibilité de lectures vastes.









N°4
L'étrange Histoire de Benjamin Button de David Fincher
A la fois film d'époque, fantastique, philosophique et poétique le dernier né de David Fincher n'est rien de plus qu'un chef d'œuvre de tout point de vue. On ne peut que féliciter encore une fois Brad Pitt pour son interprétation d'un des personnages le plus dur à mettre en image. Projeté dés sa sortie dans la pop-culture Benjamin Button va surement suivre le même chemin que son cousin Forrest Gump, même scénaristes, même structure, même principe, et s'imposer comme une référence du cinéma contemporain.






N°3
Les Noces Rebelles de Sam Mendes
'Avant d'avoir vu "Les noces rebelles" le mariage me semblait une idée assez intéressante. Depuis j'ai compris que je me trompait et que ça allait m'apporter que des emmerdes.' C'est un peu ce qu'on peut dire de ce film, adaptation du roman "Revolutionnary road", mais ce serait aussi passé à côté de nombreuse chose que d'être aussi simple. Sam Mendes arrive, avec une aide inestimable du duo DiCaprio/Winslet, a disséquer les enjeux de la vie de couple mais aussi toute la perte de nos rêves de jeunesses et la désillusion de la vie. Un film qui ne laisse pas indemne.






N°2
Watchmen - les gardiens de Zack Snyder


Snyder à réussit l'impossible. Adapter le comics Watchmen sur lequel de nombreux auparavant ce sont déjà cassé les dents. "Watchmen - Les gardiens" est sûrement l'adaptation de comics qui rend le plus honneur à la matière original et malgré l'aspect blockbuster du film on est face à un divertissement d'une qualité impressionnante et d'une intelligence supérieur.






N°1
Inglorious Basterds de Quentin Tarantino

Ce n'est pas un film de guerre qu'a réalisé Tarantino mais bien un western. "Inglorious Basterds" est à ce jour son film le plus aboutit et le plus personnel. Il arrête enfin les référence constantes pour se concentrer sur son histoire qui prend la forme d'une leçon de cinéma de 2h30. On peut parler autant de temps que l'on veut des sois disante erreur historiques et tout ces problèmes cela n'empêche pas au film d'être une énorme claque et de remporter la palme du meilleur film de l'année.

mardi 15 décembre 2009

"Paranormal Activity" de Oren Peli


Nous avons tous déjà vécu cette expérience. Le matin de noël un magnifique cadeaux vous attend sous le sapin, l'emballage est de toute beauté et vous ne savez même pas où commencer pour l'ouvrir. Finalement une fois le tout déballé tout ce que vous avez c'est tout le contraire de ce que vous attendez et vous essayez de cacher votre déception.

C'est un petit peu se qui se passe avec « Paranormal Activity ». L'emballage marketing était exemplaire et devrait entrer dès maintenant dans les programmes des écoles de publicité, de commerce et de communication. Une fois les premières vingt minutes du film achevées la déception apparaît, on comprend bien que l'on s'est fait berner et s'en suit une grande période d'ennui d'une heure.

« Paranormal Activity » s'annonçait comme une nouvelle expérience de l'horrifique et de l'insoutenable. Le seul élément insoutenable du film est qu'une fois sorti de la salle on a du mal à se faire à l'idée d'être resté 1h30 dans une salle de cinéma alors que rien d'intéressant n'était projeté à l'écran. Si trois claquements de portes, deux grincements de parquet et du bruit dans les escaliers vous effraient il vaut mieux passer une nuit blanche chez vous et vous serez bien plus effrayé que dans cette immonde escroquerie. Rien n'est à retenir du film, aucun scénario, une mise en scène inexistante et des acteurs qui découragerait tout les réalisateurs à engager des amateurs à nouveaux.

Le buzz créé autour de la minceur du budget et de la caméra au poing a seulement été l'excuse pour la Paramount afin de nous amener, nous la masse de mouton docile, à dépenser nos malheureux salaires dans les caisses de l'industrie cinématographique.

Rien d'innovant et d'inédit ne ressort du film. On est même dans les pires clichés du genre, une bande son qui vous annonce constamment ''attention vous allez avoir peur'', des avances rapides qui vont automatiquement sur les moments clé du déroulement de l'histoire etc... Bref à force de tout montrer et de tout annoncer Oren Peli efface tout effet de surprise et passe totalement à côté des émotions recherché.

Il n'est pas nécessaire de s'attarder encore plus sur « Paranormal Activity » se serait porté bien trop d'intérêt à un film qui relève plus de la vidéo Youtube que d'un réel film. A qui faut il jeter la pierre? Le réalisateur, la Pramount? Surement un peu des deux mais tout ce qu'on peut dire c'est que « Paranormal Activity » est au film d'horreur ce que les gazs intestinaux sont à la comédie! Quelque chose de lourd, peu subtil et dépassé.

0/10

jeudi 3 décembre 2009

"La Route" de John Hillcoat


Crise économique, crise écologique, de nouvelles maladies qui apparaissent ou réapparaissent etc... Chacun à son propre discours pour expliquer son incertitude face à l'avenir mais ce qui est sûr c'est que l'Homme des années 2000 est un Homme inquiet et le cinéma n'y échappe pas, même si certains s'efforcent toujours à établir une frontière imperméable entre fiction et réalité. Si vous n'avez pas remarquez l'avalanche des films sur des thèmes de fin du monde ou post-apocalyptique c'est que vous viviez dans un abri anti-nucléaire ces dix dernières années.


Souvent propice aux films à spectacle et à gros budget les cinéma post-apocalyptique a toujours été présent de manière plus ou moins fréquente dans l'histoire du cinéma avec des périodes plus intenses de production en fonction de la conjoncture.


Adapté du roman du même nom et du dernier en date de Cormac McCarthy (« No country for old men ») « La Route » est donc à ranger dans cette catégorie de film mais il serait très réducteur de le mettre à côté de « 2012 », « Je suis une légende » ou d'autre blockbusters. John Hillcoat réalise un film bien différent de ceux précédemment cité. « La Route » est en fait un film intimiste bien loin des clichés du genre. Aucun espoir ne se dégage du film dans le sens où l'on voit bien la situation des protagonistes. Plus aucune récolte, plus aucun gibier et certains en sont réduit au cannibalisme pour survivre. Le but du film n'est absolument pas de chercher à montrer comment les personnages vont savoir reconstruire le monde, car il n'y a plus rien à construire, mais bel et bien de s'interroger sur la façon dont les gens réagissent quand ils savent que tout espoir est perdu.


Le duo père/fils interprété par Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee (révélation du film) marche à merveille et permet de poser les questions juste, celle de l'héritage des valeurs entre générations, les inquiétudes des parents face à leurs enfants et ce que ces derniers deviendront quand les parents ne seront plus là. Il est quand même asse dommage que John Hillcoat ai choisit d'évoquer la vie antérieur des personnages par de trop rare flash-back, en plus très mal amenés au cours du film, qui font passer à côté de l'un des éléments essentiel dans la construction du personnage du fils, le rapport avec sa mère. Charlize Theron dans le rôle de la mère est donc relégué à un statut totalement secondaire et sa présence au casting semble même être un simple prétexte pour avoir une star en plus à l'affiche.


La totalité du film se fait dans une sobriété assez efficace peut être trop poussé à certains moment car il faut le dire, dans « La Route » il ne se passe rien. Aucun réel rebondissement mais juste un père et son fils qui errent et le film évolue au rythme de leurs quelques rencontres. Le réalisateur arrive pourtant à nous scotcher tout le temps du film au fond du siège mais un peu moins de retenue n'aurait pas été du luxe. De plus cette sobriété apparente se voit légèrement gâché par une musique un peu trop larmoyante qui semble en décalage par rapport à l'intention du film.


Après la réussite des frères Cohen pour « No country for old men » il semblait difficile d'oser adapter à nouveaux Corman McCarthy aussi vite mais John Hillcoat ne s'en sort pas trop mal. « La route » ressort comme un film assez prenant et innovant dans un genre qui donne un peu l'impression de toujours voir la même chose. Loin des images d'un « Mad Max », « La Route » ressemble presque à un film social lorsqu'on voit tout ces vagabonds errer. Ce constat d'ensemble plutôt positif est tout de même à modérer dans le sens où le film, bien que bon, n'a pas vraiment d'identité propre dut justement à cette trop grande retenue dans sa réalisation . John Hillcoat montre bien qu'il est doué mais pas plus que la majorité des autres réalisateur indépendant américains.



7/10

samedi 21 novembre 2009

"Away we go" de Sam Mendes


Depuis ses débuts dans le cinéma Sam Mendes nous a, à plusieurs reprises (« American Beauty », « Les Noces Rebelles »), coupé toutes envies de mariage. En analysant les relations de couple il a transformé l'institution du mariage, sacro-sainte institution de nos sociétés, en une chose à éviter si l'on cherche à réaliser ses rêves de jeunesse ou tout simplement s'épanouir. A peine un ans après le magnifique, mais très dur, « Les Noces Rebelles » voici le retour du réalisateur qui montre quelque chose d'inédit dans sa carrière.

C'est un cinéma bien plus positif que nous offre « Away We Go » et qui va à l'encontre de ce que Sam Mendes a eu l'habitude de faire. En suivant ce jeune couple qui part à travers les États-Unis pour trouver le meilleur endroit afin d'élever leur enfant le film développe pour la première fois chez le réalisateur un discours positif sur la vie à deux. Malgré le côté road-movie, pas si prononcé que ça par rapport aux dires de nombreuses personnes, « Away We Go » est avant tout un voyage initiatique où il est question du passage à l'âge adulte et de la prise de ses responsabilités. Le couple formé par Burt (John Krasinski) et Verona (Maya Rudolph) a beau avoir la trentaine et être installé on sent tout de même ce côté juvénile face à leurs nouvelles responsabilités et c'est d'ailleurs quand ils découvrent qu'ils ne bénéficieront pas du soutient de leurs parents qu'ils se lancent dans ce voyage pour se trouver eux même.

Alors oui, Sam Mendes renoue avec le milieu indépendant pour « Away we go ». Oui, c'est ce même milieux qu'il a fait exploser sa carrière grâce à « American Beauty ». Oui, c'est un réalisateur dont les films sont toujours attendu avec impatience. Oui, « Away we go » est un film fort bien sympathique proche du feel-good movie. Mais non, « Away we go » n'est absolument pas un grand Sam Mendes ni même un grand film. Apparemment c'est lorsqu'il faut être négatif que le réalisateur est le plus fort. A travers le voyages des deux protagonistes principaux c'est une succession de différents portraits de couples qui est faite et qui montre ce que sont succeptible de devenir Burt et Verona

Au bout de 15 minutes d'introduction comiques et prenantes « Away we go » vient s'enfermer dans l'anecdotique et s'amuse tout simplement à énumérer des clichés sur différents type de couple : le couples quarantenaire qui n'a plus rien à découvrir, le couple si « peace and love » qu'ils en deviennent des fascistes, le couple divorcé et tant d'autres. En constituant cet espèce de catalogue Sam Mendes fait preuve d'une naïveté qu'on aurait jamais put soupçonnés chez lui. « Away we go » est au final un film plein de bon sentiments à la limite de l'histoire à l'eau de rose.

On comprend bien qu'après la dureté psychologique et physique des « Noces Rebelles » une pause ou un film peut être moins ambitieux été nécessaire pour se poser mais on ne peut que sentir un petit regret, quand on sait la capacité du monsieur à analyser dans les moindres recoins les rapports entre humains, de voir un film aussi niais qui aurait put être fait par n'importe quel autre réalisateur ayant un minimum de talent.

Pour une fois nous ne serons pas marqué, voir traumatisés à jamais par un film de Sam Mendes mais c'est tellement dommage. C'est un choix totalement assumé par le réalisateur d'avoir réalisé une petite sucrerie cinématographique et même si cela reste plaisant on espère tout de même que ce petit moment de relâchement n'est qu'un temps de repos pour nous impressionner à nouveau dans le futur.



6/10





mardi 17 novembre 2009

"The box" de Richard Kelly


Voilà 8 ans qu'on n'avait pas vu un seul film de Richard Kelly sur grand écran. Son premier film « Donnie Darko » n'avait pas conquis les foules dans les salles mais a acquis son statut de film culte avec la sortie DVD. Son second film « Southland Tales » est un échec, et pas dés moindre, avec une projection désastreuse à Cannes, une sortie bâclée au niveau national et principalement du direct-to-DVD à l'international. Le réalisateur ne rentre donc pas dans cette case de « bankable » mais grâce à sa touche personnelle et à la réussite artistique de ses œuvres il posséde un statut à Hollywood lui assurant une certaines suite pour sa carrière.

Avec « The Box » Richard Kelly tente de revenir s'imposer dans les salles et de présenter une nouvelle fois un cinéma conçut pour le divertissement avec une énorme réflexion. En adaptant la nouvelle littéraire « Button, Button » de Richard Matheson le jeune cinéaste (à peine 34 ans) démontre encore qu'il est un expert en la matière pour nous torturer le cerveau. Tout comme le texte original le film se situe à la fin des années 70 où une famille de banlieue américaine reçoit un étrange paquet contenant à l'intérieur une sorte d'interrupteur. Le lendemain ils reçoivent la visite d'un étrange homme qui leur propose (impose?) le contrat suivant : ils ont 24 heures pour appuyer sur l'interrupteur contre quoi ils recevront un millions de dollars mais une personne qu'ils ne connaissent pas décédera quelque part dans le monde.

Malgré la reconnaissance de Richard Kelly et l'énorme potentiel cinématographique de « Button, Button » « The Box » a été tout aussi compliqué à réaliser que ses précédents films et on n'est pas passé loin de ne jamais voir le film sur écran. Voilà quatre ans que rien de nouveau n'était venus de Richard Kelly et quatre ans d'attentes pour l'un des réalisateur les plus excitant de sa génération c'est extrêmement long. La sortie de « The Box » constitue donc un soulagement : soulagement parce que on pouvait craindre que la carrière du jeune cinéaste ne soit trop vite arrêté suite à cette énorme trou financier que fût « Southland Tales » et soulagement de voir que malgré cela Richard Kelly est en grande forme et réalise avec « The Box » un coup de maitre en défonçant encore plus les grandes portes d'Hollywood pour y faire une entrée triomphante. Toutefois on sent bien que ce n'est pas le même réalisateur auquel on a eu affaire dans le passé mais bien quelqu'un qui reste marqué par un échec et qui en retient les leçons. Tout d'abord celui qui était attendu comme le nouveau roi de l'indépendant au USA prend tout le monde à contre pied en décidant de produire son film chez la Warner Bros et « The Box » constitue sûrement le film le moins incompréhensible, et donc le plus abordable et rentable, film de Richard Kelly.

La plus grande particularité du cinéma de Richard Kelly et d'atteindre des sommets de complexité avec les histoires les plus simples. « Donnie Darko » partait dans une épopée spatio-temporelle sur la base d'un jeune garçon schizophrène, « Southland Tales » commençait sur la troisième guerre mondiale pour finir sur l'apocalypse. Bref, aucun de ses films n'est totalement compréhensible à la première vision et c'est à la foi ce qui fait tout le charme du film et tout son handicap. Bien que le cinéma de Kelly soit un cinéma de qualité, son style est tellement à part et peut être trop fondé sur de la -presque- masturbation intellectuel ce qui a pour effet de faire fuir ceux qui veulent simplement se divertir. Dans « The Box » Richard Kelly a bien conscience qu'il a de nouvelle responsabilité avec ses nouveaux patrons et semble avoir été enclin à plus de concession mais ce n'est pas pour autant qu'il en ressort un film consensuel. Encore une fois Kelly ne se gêne pour n'en faire qu'à sa tête et rapidement « The Box », présenté comme un thriller psychologique des plus banales par la pub, se transforme en un mélange de genre entre le thriller, la science-fiction, le polar et le film d'angoisse. A partir de ce simple bouton et du simple geste d'appuyer dessus le réalisateur, et aussi scénariste de son film, arrive à développer tout une réflexion sur la condition humaine et illustre à merveille la pensée de Sartre « l'enfer c'est les autres ». Finalement c'est souvent le thème qui revient dans l'œuvre du cinéaste, l'être humain responsable de sa propre destruction et de sa propre perte. Dans « The Box » cette idée se ressent grâce à la pression exercé sur le couple à travers le regard de leur entourage mais en même temps le pouvoir qu'ils ont grâce à la boîte font d'eux des bourreaux pouvant faire vivre l'enfer à d'autres.

En plus de partir vraiment très loin dans ces propos Richard Kelly s'amuse à ne dévoiler presque rien de l'histoire laissant au spectateur le soin d'établir lui même ses hypothèses, conclusions et interprétations. « The Box » est donc à voir plusieurs fois pour totalement cerner l'histoire et en découvrir tout les secrets. N'espérez pas non plus un jour trouver la vérité sur ce film car Richard Kelly laisse tellement de pistes différentes qu'une multiplicité d'explication sont possible et impossible de définir laquelle et la bonne.

Qui a créé cette boîte? Dans quel but? Qui l'utilise? Pourquoi ce sont eux qui l'ont reçut et pas d'autres? Toute ces questions mettront un bon bout de temps à trouver leur réponse même si on arrive chacun à se faire une petite idée. En tout cas Richard Kelly réussit à nouveaux à montrer qu'il est un grand auteur et que même si son cinéma ne plait pas à tout le monde et peut en effet se perdre dans un surplus d'intellectualisme il n'en reste pas moins un spectacle d'une intelligence supérieur aux format traditionnelle du cinéma américain.


7/10

vendredi 6 novembre 2009

"D'une seule voix" de Xavier de Lauzanne


Au départ conçut pour une exploitation TV le documentaire « D'une seule voix » a ironiquement eu la chance de s'être fait refuser par toute les chaines que l'équipe du film a démarché. Souvent cela signe pour un documentaire sa mort définitif mais c'est le festival du FIGRA du Touquet qui offre une nouvelle vie au film de Xavier de Lauzanne. En ayant remporté le prix « autrement vu » à ce festival c'est une toute nouvelle vie que se voit offrir le film qui grâce à ce tremplin connait une sortie nationale.

Avec « D'une seule voix » c'est à la tournée musicale du même nom que s'intéresse le réalisateur. En mai 2006 le producteur français Jean-Yves Labat de Rossi organise une tournée avec différentes compagnie musicales israéliennes et palestiniennes rassemblées sur la même scène chaque soir à travers toute la France. Le documentaire de Xavier De Lauzanne constitue un témoignage à vif et au cœur de la tournée.

Que les choses soient tout de suite mises au point, le film de Xavier de Lauzanne n'a d'intérêt que son message et le témoignage qu'il transmet. Pour la réalisation du film seul le réalisateur était présent sur les lieux et donc il ne pouvait pas être partout à la fois. De plus, le film au départ prévu pour la télévision montre bien les difficultés de diffuser de la réalisation TV sur grand écran, même si ici le transition se fait assez bien. Ce manque de moyen, en quelque sorte volontaire, se voit bien par le fait que « D'une seule voix » semble toujours lorgné vers le film amateur ou celui qu'on a dans les bonus lorsqu'on achète le DVD de la tournée d'un artiste. Ce bémol se voit compensé par la force du message et l'intimité dans laquelle nous plonge le documentaire. Aujourd'hui, l'organisation de concerts pour la paix, pour le climat, pour l'Afrique , pour le sida etc... est un peu monnaie courante et on se demande bien à quoi peut encore servir un documentaire dessus tellement ce genre d'image semble banale. Toutefois, Xavier de Lauzanne a parfaitement choisit son angle d'analyse et les endroits où poser sa caméra car au final on est bien loin du documentaire musical auquel on pouvait s'attendre. « D'une seule voix » est surtout le souvenir d'une rencontre entre des personnes qui en temps normal n'auraient jamais put se parler et ne se seraient jamais connus. La tournée ne sert donc que de toile de fond et si un tournoi de sport avait plutôt était organisé le résultat aurait été le même. Bien sûr l'aspect musical donne un rythme au film avec des extraits de concerts, sûrement bien plus intéressants que des extraits de matchs de foot, mais c'est surtout en backstage que la caméra va se poser et c'est un documentaire sur des gens qui font de la musique ensemble et non sur une tournée musicale, grande nuance!

Le propos du film tient une ligne directrice stable et on sent bien les effets que cette tournée provoque chez les gens qui y participent. On est vraiment ému, ce qui est assez rare devant des documentaires, face à des scènes de groupes où chacun oublie ses origines et se retrouvent pour des vrais moments de vie commune. La seule chose un peu énervant dans le propos du film est de vouloir en faire quelque chose d'« apolitique » et d'essayer d'esquiver toute ces questions pour la sois disant « beauté de la rencontre humaine ». Toutefois la question est tellement politique que vouloir occulté cela empêche d'aborder de nombreux sujets. Même si l'organisateur s'en défend l'intention de cette tournée est hautement politique et symbolique. Le film ne tombe tout de même jamais dans une certaines naïveté ou démagogie qui dirait que ce genre d'actions se suffit à elle même pour réaliser la paix.

« D'une seule voix » constitue un film d'éducation à la paix très riche et quand on voit toutes les institutions qui le reprennent on se dit que sa mission est accomplit. Voir ce film au cinéma rassure pour la diversité de nos salles mais c'est surtout dans les réseaux éducatifs que le film doit faire sa carrière.


6,5/10
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