Aux Etats-Unis par contre aucun problème à présenter les vices des forces de l'ordre. Jack Bauer torture du terroriste à tout va dans « 24 » ou encore Victor "Vic" Mackey qui se comporte de la même façon que les gens qu'il est censé combattre dans « The Shield ». Au risque de tout le temps ressasser les mêmes choses, quoi qu'on en dise et même si nous, français, sommes toujours persuadé qu'on est les seul à avoir l'exception culturelle, développant ainsi au passage un petit complexe de supériorité, les américains ont eux au moins les couilles de dresser des tableaux peu reluisant de notre société et sont capables de taper là ou ça fait mal pour finalement faire de la vrai création et pas une vidéo de propagande pour la police nationale.
Mais attention, ce dictat du politiquement correct devrait bientôt finir avec la série « Braquo », je dit bien ''devrait '' car seul deux épisodes ont étés diffusés et il est trop tôt pour en tirer des conclusions. Nouveau programme phare de canal+ crée par Olivier Marchal « Braquo » risque de créer un séisme dans le paysage télévisuel français. J'avoue être totalement passé à côté de la carrière cinématographique de Marchal. Étant donné son passé d'ancien flic et les sujets de ces films je craignais un énième exemple de ce que je critiquais au début de cet article. Toutefois, cette nouvelle série risque de séduire plus d'une personne car c'est quelque chose encore jamais vu dans une création française. Et oui, c'est finit le monde des bisounours et ce que film Olivier Marchal dans ces deux premiers épisodes c'est quelque chose qu'on sent bien plus réel, ou en tout cas bien moins démagogique.
Dès les premières secondes du génériques on comprend que l'on a affaire à quelque chose de nouveaux et la premières scène donne le ton pour le reste de l'histoire. Dans le commissariat tout les inspecteurs sont des pourris et on quelque chose à se reprocher, la bavure est presque un élément de leur quotidien et on sent bien que les personnages n'ont pas de problèmes de conscience et utilisent tout les moyens disponibles pour arriver à leur fins.
Toutefois, loin de dénoncer son ancien corps de profession, Olivier Marchal choisit totalement le côté de la fiction. Ce n'est absolument pas une chronique de la vie de flic qu'il nous livre mais bien une série télévisé pour faire du spectacle. On a un peu du mal à imaginer autant de salaud rassembler dans le même commissariat, que tout les inspecteurs vivent dans des habitats plutôt confortable voir luxueux alors que leur commissariat ressemble plus à celui de « Mad Max » qu'autre chose. C'est une ambiance glauque que développe Olivier Marchal et cela marche à merveille.
« Braquo » n'a tout de même pas que des qualités. Tout d'abord le sujet même de la série peut poser problème. Voir tant de crasse faite par ses inspecteurs à l'écran est assez effrayant. Soit cela énerve soit cela inquiète car c'est quand même un ancien policier qui a réalisé la série et on est en droit de se poser des questions. Le plus gros défaut de « Braquo » c'est aussi ces acteurs. En effet! On va finir par croire qu'il n'existe aucune école en France pour le métier car le jeux de certains acteurs dans cette série est assez lamentable. Jean-Hugues Anglade semble avoir confondu série télévisé et pièces de théâtre et le rythme qu'il donne à son jeu n'est absolument pas naturel cassant ainsi le charisme d'un personnage plein de promesses. Karole Rocher est carrément nul et Joseph Malerba en fait beaucoup trop et semble juste là pour dire d'avoir mis le sosie de Michael Chiklis, acteur principal de « The Shield ». Seul Nicolas Duvauchel sauve à lui seul l'ensemble du casting et il montre qu'il est aussi à l'aise sur le petit que sur le grand écran. La carrière du jeune homme est aujourd'hui plus qu'à suivre car on tient la prochaine star du cinéma français.
« Braquo » est donc l'un des meilleurs surprises qu'a pu nous offrir la télé française, Canal+ confirme sa position de meilleur chaines du PAF (du moins à mes yeux) et remplit de plus en plus l'objectif fixé à sa création, être l'équivalent de HBO en France.
