Affichage des articles dont le libellé est Critique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Critique. Afficher tous les articles

vendredi 5 mars 2010

"The Ghost writer" de Roman Polanski


« The Ghost Writer » provoque une étrange sensation chez celui qui le voit et qui est au courant de l'actualité de Roman Polanski, à peu près tout le monde sauf ceux qui vivent des des grottes. Sans tomber dans le fantasme en donnant au cinéastes des capacités de devin on ne peut tout de même pas s'empêcher de voir les similitudes entre l'histoire des différents protagonistes du film et l'arrestation brutale et récente du réalisateur.


En adaptant « Les hommes de l'ombres » de Robert Harris, Polanski met en place un thriller politique des plus prenant mener avec brio par Ewan McGregor avec l'aide du très classe Pierce 'James Bond' Brosnan. Le premier dans le rôle du nègre désigné pour écrire les mémoires de l'ancien premier ministre anglais et le second de le rôle de ce premier ministres. Jusque là rien de très troublant dans la similitude entre la fiction et la réalité. C'est dans le développement de l'histoire que vont commencer à apparaître des similitudes troublantes. Dans un premier temps le personnage d'Ewan McGregor doit se rendre dans la résidence surprotégé de l'ancien dirigeant pour travailler sur ces mémoires. Rapidement le film prend presque des allures de huis clos et cette villa devient une prison dans laquelle notre personnage principal se voit contraint de rester. Le parallèle se fait facilement entre cette situation et celle du réalisateur coincé dans sa résidence de Gstaad par ordre judiciaire. Dans un second temps c'est le personnage du premier ministre qui doit faire face à ses actes commis dans le passé qui ressurgissent soudainement et de façon inattendu. L'identification du réalisateur au personnage devient alors plus qu'évidente. Toutefois, « The Ghost Writer » est bien plus que ce vulgaire parallèle relevant plus d'une théorie digne d'un Jean Marie Bigard plutôt que d'un vrai travail de critique. Certes ces éléments donnent une autre résonance au films mais qui n'est dût qu'au hasard de la vie.


« The Ghost Writer » est avant tout un très bon thriller flirtant avec le polar. Sur la base d'un scénario assez conventionnel pour le genre Polanski met en scène une intrigue qui tient le spectateur du début à la fin. Avec son sens du montage et de la prise de vue le cinéaste réalise un film qui ne tourne jamais en rond et qui sans être une incessante suite de rebondissement arrive à se renouveler pour surprendre jusqu'à la fin.


La seule chose qui pourrait faire du mal à « The Ghost Writer » c'est son sujet qui est tellement ancré dans l'actualité géo-politique qu'il pourrait empêché le film de traverser les générations. En effet, sur la fin des années Bush/Blair on ne comptait plus les films traitant de la guerre en Irak ou des interventions occidentales au moyen orient. Maintenant que ces années sont révolues l'heure est au bilan mais aussi au jugement. Lorsque le personnage de Pierce Brosnan est assigné face à la justice pour ces décisions pendants le conflit c'est bien Tony Blair qui est jugé pour ces actes. Cela évoque bien des choses pour les spectateur d'aujourd'hui mais dans 30 ans le message de Polanski aura t il la même force?


Ce qui est sûr c'est que « The Ghost Writer » est un véritable pieds de nez de la part du réalisateurs à ceux qui l'attaquent et malgré sa situation hélas regrettable il montre qu'il n'a pas dit son dernier mot et qu'il sait toujours faire un aussi bon cinéma qui risque de rassembler tout le monde.



7,5/10

samedi 23 janvier 2010

"Agora" de Alejandro Amenábar


8 ans après le succès du film « Les autres » Alejandro Amenábar retourne une nouvelle fois vers les États-unis pour produire son nouveau film, « Agora ». Avec les derniers succès en date de péplums tel que « 300 », « Troie » ou encore « Alexandre » le réalisateur espagnol aurait put rapidement tomber dans la facilité de l'infographie se contentant d'une simple reproduction d'époque, il n'en est rien. En plus d'éviter les pièges du péplum à grand spectacle « Agora » se permet également de construire un discours rendant honneur à Hypatie, la philosophe dont la vie a inspiré le film interprété à merveille par Rachel Weisz.

Il est ici bien question d'inspiration et à aucun moment Amenábar ne recherche l'exhaustivité. L'histoire d'Hypatie remonte à si longtemps (415 après JC) que la majorité de ses travaux ont été perdus et sa situation de païennes n'a bien sûr pas encourager les chrétiens à perpétuer son héritage. « Agora » se présente donc comme une fiction et n'est en aucun cas à prendre comme un biopic, genre qui aurait empêché tout le propos du film d'exister. C'est surtout dans la mise en scéne de la chute d'une civilisation, en l'occurrence l'empire romain, et la fin d'une ère qu'« Agora » présente tout son intérêt.

Alors que le christianisme n'est encore qu'une secte juive et que les principaux culte reste païens Hypatie enseigne au sein de la bibliothèque d'Alexandrie la philosophie, au sens premier du terme (la recherche de la sagesse), à ses disciples. Qu'ils soient juifs, chrétiens ou païens tous reçoivent le même enseignement de la part de la philosophe qui leur apprend leur égalité en tant qu'individu. Toutefois l'avènement d'une nouvelle religion va remettre en cause ces travaux et faire naitre de nombreux conflits.

Ce n'est pas avec « Agora » que la religion chrétienne est montré sous son plus beau jour. En prenant le partie pris de la présenter comme une religion encore naissante, de l'ordre de la secte, le réalisateur s'attaque à l'obscurantisme dont à fait preuve la chrétienté au cours de son histoire et l'extrémisme de certains de ses premiers leaders. Le film n'en devient pas pour autant un cliché du manifeste anti-chrétien. Que ce soit le christianisme, le judaïsme ou les religions païennes qui sont décrites chacune est présentée sur un pieds d'égalité. « Agora » n'est pas non plus un film anti-religieux. La scène du premier contact de Davus, l'esclave d'Hypatie joué par Max Minghella, avec les chrétiens montre toute la charité qui découle de cette religion et l'importance de certains de ces principes moraux. Ce n'est pas pour autant que le réalisateur devient mou lorsqu'il montre comment les chrétiens ont détruit sans gêne la bibliothèque d'Alexandrie à cause de ses origines païennes ou encore lorsque ces derniers lapident tout ceux qui ne suivent pas leur préceptes.

C'est l'extrémisme qui est constamment attaqué dans « Agora » et même si la vérité historique n'est pas tout le temps respecté cette critique est faite avec une grande intégrité intellectuel et une ouverture d'esprit qui fait aujourd'hui défaut aux principaux dignitaires religieux.

En portant une attention particulière à tous ce discours philosophique Alejandro Amenábar n'en délaisse pas pour autant toute la dimension grand public de son cinéma et arrive une nouvelle fois à allier réflexion avec divertissement. La qualité de la reconstitution en fait un excellent spectacle qui ne manquera pas de conquérir tout type de spectateur.

Après le thriller (« Tesis »), le fantastique (« Les autres », « Ouvre les yeux ») et le drame (« Mare Adentro ») c'est un à un tout nouveau genre que s'attaque le réalisateur espagnol et il prouve que quelque soit le registre il est toujours aussi à l'aise. Il nous apprend également que le cinéma espagnol est loin, même très loin, de se résumer à celui d'Almodóvar et qu'il existe des talents bien plus grand que ce dernier. Finalement, alors que l'obscurantisme religieux revient au goût du jour, qu'on n'hésite pas à réinterpréter les écrits pour mieux arriver à des fins politiques « Agora » est un film qui fait extrêmement de bien et qui, malgré son époque marqué dans l'antiquité, tient un discours très actuel.


9/10

samedi 16 janvier 2010

"Invictus" de Clint Eastwood


Plus rien ne semble arrêter Clint Eastwood. A presque 80 ans il continue encore à enchainer les films à un rythme tel qu'on se dit que le grand père n'a pas encore dit son dernier mot. En plus de tenir cette régularité dans la quantité le réalisateur n'en oublie pas pour autant le qualitatif. Après le succès de « Million Dollar Baby », le diptyque « Mémoire de nos pères »/ « Lettres d'Iwo Jima » et le double coup l'année dernière avec « L'échange » et « Gran Torino » la barre a été mise si haute que l'on devait forcément s'attendre à un moment ou à un autre une retombé.


Et bien ce n'est pas avec « Invictus » que Clint Eastwood lâche prise. On est pas non plus face à un énième chef d'œuvre du maitre mais le film est encore un exemple de ce que l'on peut faire de mieux au cinéma.


Pour jouir au maximum d' « Invictus » il faut se situer en tant que spectateur un brun naïf et ignorant car c'est ses qualités cinématographiques qui en font un grand film et pas du tout sa dimension politique. En effet d'un point de vue historique, intellectuel et politique « Invictus » est assez caricatural, flirtant parfois presque avec la démagogie. On peut retrouver les même petits défauts que pour « Gran Torino », c'est à dire des ficelles un peu trop grosses et des changements d'opinion peut être trop rapide. Pour la fiction cela fonctionnait mais dans « Invictus » il s'agit d'élément historique presque encore d'actualité. Selon le dernier film de Clint Eastwood la fin de l'apartheid en Afrique du Sud serait passé aussi facilement qu'une lettre à la poste et l'unification de la nation sud-africaine ne serait dut qu'à cette coupe du monde de rugby. Sans remettre en cause la valeur symbolique et historique de cet événement on peut légitimement se poser la question de savoir si l'angle d'analyse d'Eastwood est bon par rapport à l'immensité du problème car malgré toute la puissance que peut avoir cette histoire il est dur de croire qu'il n'a fallut que ça pour réconcilier le peuple sud-africain. C'est donc par des chemins un peu courts et une avalanche de bons sentiments que le cinéastes présente cette histoire.

Toutefois, et ça ne manquera pas d'en énerver plusieurs, ça marche. On pourra toujours reprocher à Clint Eastwood d'être réactionnaire et moralisateur, et il l'est sûrement, mais ces films restent tout de même des grands moments de sagesse au discours humanistes. Le propos du film est compris et ne manquera pas de convaincre la majorité des spectateurs en jouant sur les valeurs facile de la tolérance entre les peuples, le pardon et le pacifisme.


On a souvent reproché à Clint Eastwood d'être trop académique mais le fait est qu'on ne peut pas reproché à un homme de 80 ans de ne pas être dans les avants-gardes et surtout quand on voit le résultat de ses films on à envie de demander à ses détracteurs ce qui leur pose problème. « Invictus » est tout simplement le résultat d'une mise en scène maitrisé où le réalisateur sait pertinemment à quel moment il faut utiliser telle ou telle émotion. C'est dans un vrai fable politique que nous entraine le cinéaste en évitant les pièges du biopic mimétique qui se serait contentait d'être un simulacre de la réalité. La question n'est pas de savoir à quel point le retranscription d'Eastwood est fidèle à la réalité mais plutôt comment celui ci s'est approprié l'histoire pour développer son film et propager son discours. « Invictus » réussit également dans le fait de ne pas être simplement un film de sport. Le rugby ici ne sert que de toile de fond à une histoire bien plus émouvante qu'un essai transformé. C'est surtout la façon dont le sport sert de vecteur sociale qui est exploité ici et comment une victoire du genre peut constituer les début d'une identité nationale, qui malgré ce que veulent nous faire croire certains ne se construit pas uniquement sur la couleur de la peau, la langue parlé ou l'éducation reçu.


Malgré cette vision assez simpliste de la fin de l'apartheid en Afrique du sud « Invictus » reste un moment de très grand cinéma qui ne manquera pas de marquer ce début d'année. Pour la énième fois Clint Eastwood montre qu'il est bien un grand réalisateur et tout ce qu'on attend c'est son prochain film.



8/10

samedi 19 décembre 2009

"Avatar" de James Cameron


11 ans c'est long, surtout quand il est question d'attendre un nouveaux long métrage d'un des réalisateurs les plus important de notre temps, James Cameron. Bien sûr ce n'est pas comme si il n'avait rien fait pendant ces années. Ses documentaires sur les fonds marins étaient plus qu'intéressant et il a profité de cette période pour créer la série culte « Dark Angel ». Toutefois attendre 11 ans pour le nouveaux film du réalisateur de « Titanic », « Terminator » ou « Aliens » ça reste quand même long.

James Cameron tient bien à faire comprendre qu'il est de retour et qu'il va de nouveau changer le visage du cinéma. Dés le début de sa conception « Avatar » a été annoncé comme la nouvelle révolution du cinéma et quelque chose de visuellement inédit. A force de rabâche cela maintes fois pendant toute la promotion de son film le réalisateur commencé à paraître un peu présomptueux et aurait put en énerver plus d'un mais rendons à César ce qui est à César, « Avatar » tient entièrement ses promesses. James Cameron peut paraître prétentieux mais l'expérience montre qu'il est tout à fait conscient de ses capacités et n'hésite pas à les mettre en avant.

« Avatar » n'est pas non plus le plus grand film de tout le temps pour une simple et bonne raison, son scénario. En effet, on est presque déboussolé de voir un scénario aussi simple mis en image avec autant de technologie. L'argument de vente n'est donc pas son histoire mais bien la prouesse technique qui vient compenser ce manque d'originalité. Toutefois, en créant de toute pièce un nouveaux monde Cameron arrive à accrocher les spectateurs plus de 2h30 devant l'écran ébahis comme si ils avaient été envoyé sur la planète Pandora. Et puis manque, d'originalité n'est pas forcément synonyme de nullité. « Avatar » constitue ce que Joseph Campbell avait définit sous l'appellation 'monomythe'. Une façon de dire que tous les mythes du monde racontent essentiellement la même histoire, sur laquelle ils ne sont que des variations. Toute la saga « Star Wars » est basé sur cette narration et l'exemple le plus concret est la trilogie « Le seigneur des anneaux », est ce pour autant que les films sont nul? ( que celui qui répond oui sorte tout de suite de la salle).

Par sa simplicité « Avatar » parle à tout le monde et arrive même à délivrer son petit message écolo et pacifiste. Il est un peu difficile de ne pas faire le parallèle entre le film et l'actualité de cette dernière décennie, durant laquelle le film à été conçut. « Avatar » est grossièrement l'histoire d'une armée qui débarque un beau jour sur un territoire étranger pour profiter des ressources énergétiques à exploiter mais pour cela ils sont obligés de déloger toute la populations. Ca ne vous rappelle rien? « Avatar » est en quelque sorte la retranscription fantastique du conflit dans le golfe. C'est là qu'on se rend compte que James Cameron est un vrai cinéastes car même avec le scénario le plus banale il arrive à faire du grand cinéma qui ne se contente pas de faire toute exploser, mais bien de raconter une histoire. Le film renvoi à ces scénarios de science-fiction des années 80 où l'on n'hésitait pas à enchainer les blockbuster divertissant sur des scénario aussi simple mais cela n'a pas empêché à certains films cultes de voir le jour. Ce n'est pas parce que l'on approche 2010 et que l'on a eu des blockbuster très intelligent (« Matrix », Les nouveaux batman...) qu'on n'a plus le droit d'apprécier une histoire simple mais toujours efficace. « Avatar » est à ranger dans cette catégorie de film grand public qui ne se contente pas que d'abrutir les masses et qui porte un attention particulière à offrir un vrai spectacle pour que les spectateurs en aient pour leur argent.

Renvoyant également à de nombreuses autres références, on ne peut s'empêcher de penser à une sorte de « Pocahontas » version S-F, « Avatar » est destiné à rentrer directement dans la pop-culture, et en plus par la grande porte. James Cameron a créé un monde déclinable sur tout les supports, ce qui va faire le bonheur de tout les geeks de la planète, qui sont aujourd'hui ceux qui choisissent les nouvelles tendances, et par la même occasion de toute une partie de l'industrie cinématographique.

D'un point de vue technique « Avatar » donne enfin à la technologie 3D une raison d'exister. Alors que les précédents films sorti dans ce format se contentait de superposer différents plan 2D pour créer cette impression de relief « Avatar » lui utilise à merveille le procédé et offre une toute nouvelle dimension au film. James Cameron a complètement compris l'enjeu de cette technologie et montre déjà une maitrise impressionnante de celle ci. Les arrières plans gagnent en profondeur, le monde quasi-féerique qu'a créé Cameron nous envoute totalement et c'est réellement une nouvelle expérience cinématographique à laquelle nous assistons. En plus d'une 3D bluffante les effets spéciaux du film sont à couper le souffle. Les Na'vi, créés grâce à la technique de motion capture, semble presque plus humains que d'autres personnages du films et on verrait presque les pores de leurs peaux sur certains gros plans. James Cameron a tout simplement ouvert une brèche dans laquelle il faudra s'engouffrer si on ne veut pas que la 3D reste au stade de simple attraction.

Cameron a de nouveaux marqué le visage du cinéma. C'est peut être la troisième fois qu'il explose le record du film le plus chère (il y eu avant « Terminator 2 » et « Titanic ») mais quand on voit le résultat on se dit que c'est totalement justifié et que c'est presque une offrande qui est faite au cinéma, à l'inverse d'un « Spiderman 3 » qui tenait actuellement le record. La meilleur chose que l'on puisse espérer et qu'il ne faille pas encore attendre 11 ans pour un nouveau film de James Cameron et que « Avatar » ne soit pas juste le coup de chance d'une seule fois car en sortant de la salle tout ce qu'on a envie c'est d'y retourner et de profiter encore de ce monde.


8/10

mardi 15 décembre 2009

"Paranormal Activity" de Oren Peli


Nous avons tous déjà vécu cette expérience. Le matin de noël un magnifique cadeaux vous attend sous le sapin, l'emballage est de toute beauté et vous ne savez même pas où commencer pour l'ouvrir. Finalement une fois le tout déballé tout ce que vous avez c'est tout le contraire de ce que vous attendez et vous essayez de cacher votre déception.

C'est un petit peu se qui se passe avec « Paranormal Activity ». L'emballage marketing était exemplaire et devrait entrer dès maintenant dans les programmes des écoles de publicité, de commerce et de communication. Une fois les premières vingt minutes du film achevées la déception apparaît, on comprend bien que l'on s'est fait berner et s'en suit une grande période d'ennui d'une heure.

« Paranormal Activity » s'annonçait comme une nouvelle expérience de l'horrifique et de l'insoutenable. Le seul élément insoutenable du film est qu'une fois sorti de la salle on a du mal à se faire à l'idée d'être resté 1h30 dans une salle de cinéma alors que rien d'intéressant n'était projeté à l'écran. Si trois claquements de portes, deux grincements de parquet et du bruit dans les escaliers vous effraient il vaut mieux passer une nuit blanche chez vous et vous serez bien plus effrayé que dans cette immonde escroquerie. Rien n'est à retenir du film, aucun scénario, une mise en scène inexistante et des acteurs qui découragerait tout les réalisateurs à engager des amateurs à nouveaux.

Le buzz créé autour de la minceur du budget et de la caméra au poing a seulement été l'excuse pour la Paramount afin de nous amener, nous la masse de mouton docile, à dépenser nos malheureux salaires dans les caisses de l'industrie cinématographique.

Rien d'innovant et d'inédit ne ressort du film. On est même dans les pires clichés du genre, une bande son qui vous annonce constamment ''attention vous allez avoir peur'', des avances rapides qui vont automatiquement sur les moments clé du déroulement de l'histoire etc... Bref à force de tout montrer et de tout annoncer Oren Peli efface tout effet de surprise et passe totalement à côté des émotions recherché.

Il n'est pas nécessaire de s'attarder encore plus sur « Paranormal Activity » se serait porté bien trop d'intérêt à un film qui relève plus de la vidéo Youtube que d'un réel film. A qui faut il jeter la pierre? Le réalisateur, la Pramount? Surement un peu des deux mais tout ce qu'on peut dire c'est que « Paranormal Activity » est au film d'horreur ce que les gazs intestinaux sont à la comédie! Quelque chose de lourd, peu subtil et dépassé.

0/10

jeudi 3 décembre 2009

"La Route" de John Hillcoat


Crise économique, crise écologique, de nouvelles maladies qui apparaissent ou réapparaissent etc... Chacun à son propre discours pour expliquer son incertitude face à l'avenir mais ce qui est sûr c'est que l'Homme des années 2000 est un Homme inquiet et le cinéma n'y échappe pas, même si certains s'efforcent toujours à établir une frontière imperméable entre fiction et réalité. Si vous n'avez pas remarquez l'avalanche des films sur des thèmes de fin du monde ou post-apocalyptique c'est que vous viviez dans un abri anti-nucléaire ces dix dernières années.


Souvent propice aux films à spectacle et à gros budget les cinéma post-apocalyptique a toujours été présent de manière plus ou moins fréquente dans l'histoire du cinéma avec des périodes plus intenses de production en fonction de la conjoncture.


Adapté du roman du même nom et du dernier en date de Cormac McCarthy (« No country for old men ») « La Route » est donc à ranger dans cette catégorie de film mais il serait très réducteur de le mettre à côté de « 2012 », « Je suis une légende » ou d'autre blockbusters. John Hillcoat réalise un film bien différent de ceux précédemment cité. « La Route » est en fait un film intimiste bien loin des clichés du genre. Aucun espoir ne se dégage du film dans le sens où l'on voit bien la situation des protagonistes. Plus aucune récolte, plus aucun gibier et certains en sont réduit au cannibalisme pour survivre. Le but du film n'est absolument pas de chercher à montrer comment les personnages vont savoir reconstruire le monde, car il n'y a plus rien à construire, mais bel et bien de s'interroger sur la façon dont les gens réagissent quand ils savent que tout espoir est perdu.


Le duo père/fils interprété par Viggo Mortensen et Kodi Smit-McPhee (révélation du film) marche à merveille et permet de poser les questions juste, celle de l'héritage des valeurs entre générations, les inquiétudes des parents face à leurs enfants et ce que ces derniers deviendront quand les parents ne seront plus là. Il est quand même asse dommage que John Hillcoat ai choisit d'évoquer la vie antérieur des personnages par de trop rare flash-back, en plus très mal amenés au cours du film, qui font passer à côté de l'un des éléments essentiel dans la construction du personnage du fils, le rapport avec sa mère. Charlize Theron dans le rôle de la mère est donc relégué à un statut totalement secondaire et sa présence au casting semble même être un simple prétexte pour avoir une star en plus à l'affiche.


La totalité du film se fait dans une sobriété assez efficace peut être trop poussé à certains moment car il faut le dire, dans « La Route » il ne se passe rien. Aucun réel rebondissement mais juste un père et son fils qui errent et le film évolue au rythme de leurs quelques rencontres. Le réalisateur arrive pourtant à nous scotcher tout le temps du film au fond du siège mais un peu moins de retenue n'aurait pas été du luxe. De plus cette sobriété apparente se voit légèrement gâché par une musique un peu trop larmoyante qui semble en décalage par rapport à l'intention du film.


Après la réussite des frères Cohen pour « No country for old men » il semblait difficile d'oser adapter à nouveaux Corman McCarthy aussi vite mais John Hillcoat ne s'en sort pas trop mal. « La route » ressort comme un film assez prenant et innovant dans un genre qui donne un peu l'impression de toujours voir la même chose. Loin des images d'un « Mad Max », « La Route » ressemble presque à un film social lorsqu'on voit tout ces vagabonds errer. Ce constat d'ensemble plutôt positif est tout de même à modérer dans le sens où le film, bien que bon, n'a pas vraiment d'identité propre dut justement à cette trop grande retenue dans sa réalisation . John Hillcoat montre bien qu'il est doué mais pas plus que la majorité des autres réalisateur indépendant américains.



7/10

samedi 21 novembre 2009

"Away we go" de Sam Mendes


Depuis ses débuts dans le cinéma Sam Mendes nous a, à plusieurs reprises (« American Beauty », « Les Noces Rebelles »), coupé toutes envies de mariage. En analysant les relations de couple il a transformé l'institution du mariage, sacro-sainte institution de nos sociétés, en une chose à éviter si l'on cherche à réaliser ses rêves de jeunesse ou tout simplement s'épanouir. A peine un ans après le magnifique, mais très dur, « Les Noces Rebelles » voici le retour du réalisateur qui montre quelque chose d'inédit dans sa carrière.

C'est un cinéma bien plus positif que nous offre « Away We Go » et qui va à l'encontre de ce que Sam Mendes a eu l'habitude de faire. En suivant ce jeune couple qui part à travers les États-Unis pour trouver le meilleur endroit afin d'élever leur enfant le film développe pour la première fois chez le réalisateur un discours positif sur la vie à deux. Malgré le côté road-movie, pas si prononcé que ça par rapport aux dires de nombreuses personnes, « Away We Go » est avant tout un voyage initiatique où il est question du passage à l'âge adulte et de la prise de ses responsabilités. Le couple formé par Burt (John Krasinski) et Verona (Maya Rudolph) a beau avoir la trentaine et être installé on sent tout de même ce côté juvénile face à leurs nouvelles responsabilités et c'est d'ailleurs quand ils découvrent qu'ils ne bénéficieront pas du soutient de leurs parents qu'ils se lancent dans ce voyage pour se trouver eux même.

Alors oui, Sam Mendes renoue avec le milieu indépendant pour « Away we go ». Oui, c'est ce même milieux qu'il a fait exploser sa carrière grâce à « American Beauty ». Oui, c'est un réalisateur dont les films sont toujours attendu avec impatience. Oui, « Away we go » est un film fort bien sympathique proche du feel-good movie. Mais non, « Away we go » n'est absolument pas un grand Sam Mendes ni même un grand film. Apparemment c'est lorsqu'il faut être négatif que le réalisateur est le plus fort. A travers le voyages des deux protagonistes principaux c'est une succession de différents portraits de couples qui est faite et qui montre ce que sont succeptible de devenir Burt et Verona

Au bout de 15 minutes d'introduction comiques et prenantes « Away we go » vient s'enfermer dans l'anecdotique et s'amuse tout simplement à énumérer des clichés sur différents type de couple : le couples quarantenaire qui n'a plus rien à découvrir, le couple si « peace and love » qu'ils en deviennent des fascistes, le couple divorcé et tant d'autres. En constituant cet espèce de catalogue Sam Mendes fait preuve d'une naïveté qu'on aurait jamais put soupçonnés chez lui. « Away we go » est au final un film plein de bon sentiments à la limite de l'histoire à l'eau de rose.

On comprend bien qu'après la dureté psychologique et physique des « Noces Rebelles » une pause ou un film peut être moins ambitieux été nécessaire pour se poser mais on ne peut que sentir un petit regret, quand on sait la capacité du monsieur à analyser dans les moindres recoins les rapports entre humains, de voir un film aussi niais qui aurait put être fait par n'importe quel autre réalisateur ayant un minimum de talent.

Pour une fois nous ne serons pas marqué, voir traumatisés à jamais par un film de Sam Mendes mais c'est tellement dommage. C'est un choix totalement assumé par le réalisateur d'avoir réalisé une petite sucrerie cinématographique et même si cela reste plaisant on espère tout de même que ce petit moment de relâchement n'est qu'un temps de repos pour nous impressionner à nouveau dans le futur.



6/10





mardi 17 novembre 2009

"The box" de Richard Kelly


Voilà 8 ans qu'on n'avait pas vu un seul film de Richard Kelly sur grand écran. Son premier film « Donnie Darko » n'avait pas conquis les foules dans les salles mais a acquis son statut de film culte avec la sortie DVD. Son second film « Southland Tales » est un échec, et pas dés moindre, avec une projection désastreuse à Cannes, une sortie bâclée au niveau national et principalement du direct-to-DVD à l'international. Le réalisateur ne rentre donc pas dans cette case de « bankable » mais grâce à sa touche personnelle et à la réussite artistique de ses œuvres il posséde un statut à Hollywood lui assurant une certaines suite pour sa carrière.

Avec « The Box » Richard Kelly tente de revenir s'imposer dans les salles et de présenter une nouvelle fois un cinéma conçut pour le divertissement avec une énorme réflexion. En adaptant la nouvelle littéraire « Button, Button » de Richard Matheson le jeune cinéaste (à peine 34 ans) démontre encore qu'il est un expert en la matière pour nous torturer le cerveau. Tout comme le texte original le film se situe à la fin des années 70 où une famille de banlieue américaine reçoit un étrange paquet contenant à l'intérieur une sorte d'interrupteur. Le lendemain ils reçoivent la visite d'un étrange homme qui leur propose (impose?) le contrat suivant : ils ont 24 heures pour appuyer sur l'interrupteur contre quoi ils recevront un millions de dollars mais une personne qu'ils ne connaissent pas décédera quelque part dans le monde.

Malgré la reconnaissance de Richard Kelly et l'énorme potentiel cinématographique de « Button, Button » « The Box » a été tout aussi compliqué à réaliser que ses précédents films et on n'est pas passé loin de ne jamais voir le film sur écran. Voilà quatre ans que rien de nouveau n'était venus de Richard Kelly et quatre ans d'attentes pour l'un des réalisateur les plus excitant de sa génération c'est extrêmement long. La sortie de « The Box » constitue donc un soulagement : soulagement parce que on pouvait craindre que la carrière du jeune cinéaste ne soit trop vite arrêté suite à cette énorme trou financier que fût « Southland Tales » et soulagement de voir que malgré cela Richard Kelly est en grande forme et réalise avec « The Box » un coup de maitre en défonçant encore plus les grandes portes d'Hollywood pour y faire une entrée triomphante. Toutefois on sent bien que ce n'est pas le même réalisateur auquel on a eu affaire dans le passé mais bien quelqu'un qui reste marqué par un échec et qui en retient les leçons. Tout d'abord celui qui était attendu comme le nouveau roi de l'indépendant au USA prend tout le monde à contre pied en décidant de produire son film chez la Warner Bros et « The Box » constitue sûrement le film le moins incompréhensible, et donc le plus abordable et rentable, film de Richard Kelly.

La plus grande particularité du cinéma de Richard Kelly et d'atteindre des sommets de complexité avec les histoires les plus simples. « Donnie Darko » partait dans une épopée spatio-temporelle sur la base d'un jeune garçon schizophrène, « Southland Tales » commençait sur la troisième guerre mondiale pour finir sur l'apocalypse. Bref, aucun de ses films n'est totalement compréhensible à la première vision et c'est à la foi ce qui fait tout le charme du film et tout son handicap. Bien que le cinéma de Kelly soit un cinéma de qualité, son style est tellement à part et peut être trop fondé sur de la -presque- masturbation intellectuel ce qui a pour effet de faire fuir ceux qui veulent simplement se divertir. Dans « The Box » Richard Kelly a bien conscience qu'il a de nouvelle responsabilité avec ses nouveaux patrons et semble avoir été enclin à plus de concession mais ce n'est pas pour autant qu'il en ressort un film consensuel. Encore une fois Kelly ne se gêne pour n'en faire qu'à sa tête et rapidement « The Box », présenté comme un thriller psychologique des plus banales par la pub, se transforme en un mélange de genre entre le thriller, la science-fiction, le polar et le film d'angoisse. A partir de ce simple bouton et du simple geste d'appuyer dessus le réalisateur, et aussi scénariste de son film, arrive à développer tout une réflexion sur la condition humaine et illustre à merveille la pensée de Sartre « l'enfer c'est les autres ». Finalement c'est souvent le thème qui revient dans l'œuvre du cinéaste, l'être humain responsable de sa propre destruction et de sa propre perte. Dans « The Box » cette idée se ressent grâce à la pression exercé sur le couple à travers le regard de leur entourage mais en même temps le pouvoir qu'ils ont grâce à la boîte font d'eux des bourreaux pouvant faire vivre l'enfer à d'autres.

En plus de partir vraiment très loin dans ces propos Richard Kelly s'amuse à ne dévoiler presque rien de l'histoire laissant au spectateur le soin d'établir lui même ses hypothèses, conclusions et interprétations. « The Box » est donc à voir plusieurs fois pour totalement cerner l'histoire et en découvrir tout les secrets. N'espérez pas non plus un jour trouver la vérité sur ce film car Richard Kelly laisse tellement de pistes différentes qu'une multiplicité d'explication sont possible et impossible de définir laquelle et la bonne.

Qui a créé cette boîte? Dans quel but? Qui l'utilise? Pourquoi ce sont eux qui l'ont reçut et pas d'autres? Toute ces questions mettront un bon bout de temps à trouver leur réponse même si on arrive chacun à se faire une petite idée. En tout cas Richard Kelly réussit à nouveaux à montrer qu'il est un grand auteur et que même si son cinéma ne plait pas à tout le monde et peut en effet se perdre dans un surplus d'intellectualisme il n'en reste pas moins un spectacle d'une intelligence supérieur aux format traditionnelle du cinéma américain.


7/10

vendredi 6 novembre 2009

"D'une seule voix" de Xavier de Lauzanne


Au départ conçut pour une exploitation TV le documentaire « D'une seule voix » a ironiquement eu la chance de s'être fait refuser par toute les chaines que l'équipe du film a démarché. Souvent cela signe pour un documentaire sa mort définitif mais c'est le festival du FIGRA du Touquet qui offre une nouvelle vie au film de Xavier de Lauzanne. En ayant remporté le prix « autrement vu » à ce festival c'est une toute nouvelle vie que se voit offrir le film qui grâce à ce tremplin connait une sortie nationale.

Avec « D'une seule voix » c'est à la tournée musicale du même nom que s'intéresse le réalisateur. En mai 2006 le producteur français Jean-Yves Labat de Rossi organise une tournée avec différentes compagnie musicales israéliennes et palestiniennes rassemblées sur la même scène chaque soir à travers toute la France. Le documentaire de Xavier De Lauzanne constitue un témoignage à vif et au cœur de la tournée.

Que les choses soient tout de suite mises au point, le film de Xavier de Lauzanne n'a d'intérêt que son message et le témoignage qu'il transmet. Pour la réalisation du film seul le réalisateur était présent sur les lieux et donc il ne pouvait pas être partout à la fois. De plus, le film au départ prévu pour la télévision montre bien les difficultés de diffuser de la réalisation TV sur grand écran, même si ici le transition se fait assez bien. Ce manque de moyen, en quelque sorte volontaire, se voit bien par le fait que « D'une seule voix » semble toujours lorgné vers le film amateur ou celui qu'on a dans les bonus lorsqu'on achète le DVD de la tournée d'un artiste. Ce bémol se voit compensé par la force du message et l'intimité dans laquelle nous plonge le documentaire. Aujourd'hui, l'organisation de concerts pour la paix, pour le climat, pour l'Afrique , pour le sida etc... est un peu monnaie courante et on se demande bien à quoi peut encore servir un documentaire dessus tellement ce genre d'image semble banale. Toutefois, Xavier de Lauzanne a parfaitement choisit son angle d'analyse et les endroits où poser sa caméra car au final on est bien loin du documentaire musical auquel on pouvait s'attendre. « D'une seule voix » est surtout le souvenir d'une rencontre entre des personnes qui en temps normal n'auraient jamais put se parler et ne se seraient jamais connus. La tournée ne sert donc que de toile de fond et si un tournoi de sport avait plutôt était organisé le résultat aurait été le même. Bien sûr l'aspect musical donne un rythme au film avec des extraits de concerts, sûrement bien plus intéressants que des extraits de matchs de foot, mais c'est surtout en backstage que la caméra va se poser et c'est un documentaire sur des gens qui font de la musique ensemble et non sur une tournée musicale, grande nuance!

Le propos du film tient une ligne directrice stable et on sent bien les effets que cette tournée provoque chez les gens qui y participent. On est vraiment ému, ce qui est assez rare devant des documentaires, face à des scènes de groupes où chacun oublie ses origines et se retrouvent pour des vrais moments de vie commune. La seule chose un peu énervant dans le propos du film est de vouloir en faire quelque chose d'« apolitique » et d'essayer d'esquiver toute ces questions pour la sois disant « beauté de la rencontre humaine ». Toutefois la question est tellement politique que vouloir occulté cela empêche d'aborder de nombreux sujets. Même si l'organisateur s'en défend l'intention de cette tournée est hautement politique et symbolique. Le film ne tombe tout de même jamais dans une certaines naïveté ou démagogie qui dirait que ce genre d'actions se suffit à elle même pour réaliser la paix.

« D'une seule voix » constitue un film d'éducation à la paix très riche et quand on voit toutes les institutions qui le reprennent on se dit que sa mission est accomplit. Voir ce film au cinéma rassure pour la diversité de nos salles mais c'est surtout dans les réseaux éducatifs que le film doit faire sa carrière.


6,5/10

jeudi 29 octobre 2009

"A l'origine" de Xavier Giannoli

Présenté à Cannes en mai dernier dans une version plus longue de 20 minutes « A l'origine » fait partie de ces films dont on dit que des histoires comme ça ne se passe qu'au cinéma alors qu'elles sont en fait inspirées de faits divers réels. Un petit escroc du Nord va trouver l'occasion d'une de ces plus belles affaires dans un ville ravagée par l'arrêt des travaux d'autoroutes qui auraient offert un moteur économique pour les habitants. En se faisant passer pour l'un des responsables de l'entreprise responsable des travaux celui ci va monter sa plus belle arnaque mais il sera dépassé par les événements lorsqu'il remarquera que les habitants de la ville sont rentrés dans son jeux et se chargeront presque eu même de relancer le chantier.

La mise en situation du film permet à elle seule d'annoncer la couleur du long-métrage. Un film social à la française, de préférence dans le Nord où on sait bien que tout les habitants sont chômeurs, ne boivent que de la bière et vendent de la drogue ou escroquent les autres quand ils arrivent à se faire de l'argent.

Xavier Giannoli développe tout de même un propos intéressant dans son film et montre comment la communauté arrive, en s'unifiant, à contredire l'ordre économique établit. Le personnage de l'escroc, joué par François Cluzet, sert de catalyseur aux forces des habitants de la ville vivant encore le drame sociale qu'a entrainé l'arrêt des travaux. C'est lui qui, sans le vouloir, va refaire prendre confiance aux habitants et se verra un peu obligé d'assumer son rôle de messie. Le film inspirée d'une histoire vraie constitue une vrai provocation aux grandes entreprises où on leur fait comprendre qu'avec ou sans elles les choses se feront quand même et on s'en porterait presque mieux. C'est aussi le destin d'un homme qui refuse les règles et qui pour cela va réinventé un nouveau système en ressituant des valeurs la plupart du temps contestées comme le travail, la famille etc...

Xavier Giannoli montre une réalisation assez intéressante toujours proche des personnages permettant un attachement rapide mais également un sens des jeux de lumières qui fait un très bon effet sur l'écran, les scènes de chantier de nuit sont des plus intéressante et on aurait presque l'impression d'être dans un environnement surnaturel au milieu de nulle part. On sent quand même à certain moment un surplus de mise en scène faisant penser à des spots TV pour des entreprises de BTP ou EDF. Le film est également porté par des acteurs tous aussi bon l'un que l'autre. François Cluzet brille de sobriété, Emmanuelle Devos rentre parfaitement dans son rôle de maire de petit village et l'actrice Soko est sûrement la plus attachante du film en oscillant entre fragilité et assurance. On se permet juste de rigoler au début du film lorsque l'on voit Gérard Depardieu en escroc arborant un espèce de t-shirt rasta.

En résumé « A l'origine » bénéficie d'une bonne histoire, d'un bon scénario, d'une bonne mise en scène, de bons acteurs et une très bonne musique signée par le grand Cliff Martinez. Toutefois, parce que il y a toujours un mais, le film est particulièrement chiant. Ce n'est pas 20 minutes qu'il aurait fallut supprimer du montage initiale mais 40, voir 50 minutes. La première demi-heure du film permet une très bonne mise en place mais on se retrouve très rapidement à régulièrement inspecter sa montre. Il semblerait que Xavier Giannoli voulait décrire de façon la plus complète ce fait divers mais certains éléments de l'histoire n'ont aucune intérêt pour le film et viennent même le desservir. La romance entre les personnages de Cluzet et Devos est totalement inutile et même si l'action du film se passe sur un chantier d'autoroute ce n'était peut être pas nécessaire d'expliquer toute les étapes de ce genre de conception. « A l'origine » se perd donc dans de nombreuses scènes superflus qui hélas viennent gâcher ce qui aurait put être un grand film. De plus, on a encore une fois l'impression que le cinéma français prend un malin plaisir à faire une nouvelle fois passer le Nord comme une région sinistré où la majorité de la population ne touche que le RMI. Si Giannoli était supporter du PSG il aurait sûrement fait une banderole '' Rmiste, dealers, cas sociaux: bienvenue chez les ch'tis ».

« A l'origine » est l'un de ces films qu'on regrette de ne pas pouvoir aimer car il est fait de qualité qu'on ne peut pas nier mais son réalisateur veut trop rentrer dans les cases du cinéma d'auteur et tout le monde n'a pas la carrure pour cela.

3/10




Sortie le 11 novembre.

vendredi 16 octobre 2009

"Mission-G" de Hoyt Yeatman


Pour la majorité des personnes lorsqu'on évoque Disney c'est une idée d'industrie de l'émerveillement et du divertissement, c'est le film qui sort à noël et qui deviendra surement culte, c'est le studio qui possède Pixar et nous livre un chef d'œuvre chaque été. Tout cela est vrai et la sortie de chaque Disney est presque un événement. Toutefois, le studio s'est tellement installé dans l'inconscient collectif qu'il arrive à en faire oublier ces côtés les plus négatifs. Disney est avant tout une énorme boite à fric qu'on pourrait presque qualifier, en exagérant juste un peu, de modèle parfait d'entreprise capitaliste. Tout cela pour dire que là où il y a de l'argent à se faire c'est là que Disney se rend. Dernier film prouvant cela ? « Mission G ». La fée d'un des films a dû découvrir la formule magique pour réaliser des classiques et des chefs d'œuvres, mais une de leurs sorcières a également dû leur filer la recette pour réaliser des films nuls mais qui sont sûr de fonctionner au box-office.

Vous tournez un film avec de vrais acteurs, vous y ajoutez des mignonnes petites bestioles ayant une attitude humaine, vous les faites parler et vous créez le scénario le moins compliqué autour de cela. Si c'est possible, essayez de teinter l'histoire avec des valeurs telles que le travail, la famille, le patriotisme, l'honneur et tout ce qui pourrait constituer le prochain programme républicain. Avec tout cela, c'est un profit maximum que vous obtiendrez. En voyant les bandes annonces à la télévision, les enfants se précipiteront dans les salles, leurs parents obligés de les accompagner doubleront les entrées, et en sortant de la salle c'est au Disney Store de la rue suivante qu'iront les enfants pour s'acheter toutes les peluches, déguisements et autres jeux vidéos du film en attendant deux ans que la suite sorte sur les écrans.

Alors oui, pour « Mission-G » on est au plus bas du niveau de Disney. On sent bien que le studio n'a fait que respecter cette recette sans aucune autre ambition que celle de remplir les caisses. Attention les classiques de Disney aussi sont faits pour l'argent mais, au moins, on a l'impression de ne pas avoir gâcher le notre. « Mission-G » est presque une insulte au spectateur et à sa capacité à juger un film car, sous des apparences de nouveauté, le film n'est rien d'autre que du recyclage de ce qui a déjà était fait auparavant.

Ce film est la première réalisation de Hoyt Yeatman, à la base créateur d'effet spéciaux, et on voit que ceci est son métier premier. En effet, presque la totalité du film n'est qu'une raison de mettre en avant les prouesses techniques et toutes autres choses que cela est totalement oublié. Il n'y aucun développement des personnages humains qui défilent tous à l'écran sans grands éclats. Zach Galifianakis, révélé par « Very Bad Trip », dans lequel il était excellent, joue dans ce film uniquement pour des raisons alimentaires et sa prestation correspond bien à la motivation principale de l'acteur concernant sa présence au casting. Tout les acteurs live, sans exception, signe ici la performance la moins intéressante de leur carrière, quelle tristesse pour Billy Nighy.

« Mission-G » n'est même pas sauvé par ses stars que sont les hamsters. Avec Bruckheimer à la production, on sent bien que "Mission-G" se veut comme étant un film d'action pour les enfants, mais cela ne signifie pas forcément faire un film débile avec des dialogues débiles. Dans le groupe de rongeurs agents secrets tout est stéréotypé, les personnages (le chef, le pro de l'informatique, le casse cou et la femme redoutable), les dialogues (le niveau des dialogues du film est comparable à celui d'un film de Steven Segeal ou de Chuck Norris) et l'histoire est faite d'intrigue qu'on devine aussi facilement que la question à 800€ dans "Qui veut gagner des millions". Cette insistance sur les stéréotypes du genre fait fortement penser à une parodie, mais quelle est l'intérêt de parodier un film d'action pour des gosses de 7 ans qui n'en ont sûrement jamais vu avant ? Et puis, il manque tellement de second degré qu'on se dit que finalement ceux qui ont écrit l'histoire sont vraiment débiles.

Toutefois, tout n'est pas à jeter dans « Mission-G », et si il y'a une chose pour laquelle on peut féliciter le film, ce sont bien les effets visuels. L'équipe de rongeurs, et tout ceux qu'ils rencontreront, sont parfaitement modélisés, ils s'intègrent sans faute dans leur environnement, et les effets spéciaux du dernier quart d'heure du film sont plus qu'hallucinants. La course poursuite au milieu d'une feu d'artifices, ou le combat final, sont autant de réelles prouesses visuelles mais, hélas, on ne fait pas un film qu'avec ça.

Dès le départ, en voyant les affiches, les bandes-annonces, etc... on se doutait bien que « Mission-G » n'allait pas être un grand film, mais arriver à un tel niveau de médiocrité est assez impressionnant. « Mission-G » fait vraiment partie des ces films qui abrutissent nos petits pour ensuite mieux leur faire avaler la pilule de la médiocrité. Et nous qui payons sommes aussi pris pour des imbéciles car les 15€ de places de cinéma que l'on vient de payer c'était juste pour voir un téléfilm digne de Disney-Channel !




2/10

vendredi 9 octobre 2009

"Funny People" de Judd Apatow


Et de 3. Voici le nouveau film de Judd Apatow, « Funny People ». Après avoir redéfini les bases du genre dans ses nombreuses productions (« Supergrave », « Délire expresse », « Sans Sarah rien ne va » etc...) et ses deux premiers films celui qui s'est imposé comme le nouveau roi de la comédie américaine revient avec un troisième film surprenant et innovant.


Quand on regarde la filmographie de Judd Apatow celle ci suit presque un projet d'ensemble. Un premier film sur le passage de la vie d'enfant à celle d'adulte, « 40 ans toujours puceau », un second sur la construction de sa famille et de sa vie, « En cloque mode d'emploi », et finalement c'est à la fin de vie que s'intéresse le réalisateur dans « Funny People » où l'heure est au bilan.


Avec un sujet bien plus grave que ses précédentes créations, l'histoire d'une star du stand up qui découvre qu'il va bientôt mourir et cherche à faire le bilan de sa vie et maintenir son héritage, Judd Apatow acquiert une maturité encore jamais atteinte dans ses films tout en restant dans la veine de son œuvre. En effet, Judd Apatow ne serait pas Judd Apatow si il n'y avait pas de blagues potaches situés en dessous de la ceinture, et les records sont peut être battu dans « Funny People », d'allusion à la marijuana, le fameux « pot » présent dans tout ses films, mais tout cela prend une autre dimension dans « Funny People ». L'humour potache sert surtout ici à mettre en scène les nombreuses séquences de stand-up dans le film. Si l'on regarde de plus près à chaque fois que l'on a affaire à un comique issue du stand-up ,ou du one man show pour la France, le registres est souvent bien en dessous de la ceinture, et ce n'est pas le balourd Jean-Marie Bigard qui dira le contraire. C'est une réalité les comiques passe leur temps à parler de fesses et l'importance que prend le sujet dans « Funny People » montre bien l'intention d'Apatow. En dehors de faire un film sur la mort c'est surtout un film sur l'univers du stand-up qu'il réalise ici. Format de spectacle assez peu populaire ici le stand-up, plusieurs comédiens montent chacun une dizaine de minutes sur scène au cours d'une soirée avec un micro pour conquérir leur audience, est une vrai institution aux États-Unis. Presque la totalité des comiques au cinéma, dans les séries TV et dans le culte « Saturday Night Live » on commencé dans ses petits bars où ils présentaient leurs numéros. C'est ce pan de la culture comique américaine que Judd Apatow présente et ceci avec une justesse impressionnante.


Toutefois ne résumons pas la réussite d'Apatow et de « Funny People » au simple talent de réalisation et de scénariste du monsieur. Soyons aussi honnête, Judd Apatow est un très bon scénariste, il réalise de bon film mais ces talents de réalisateur n'ont rien d'exceptionnels et la forme de ces films est des plus classique en ce qui concerne la comédie. Dans « Funny People » on voit pour la première fois de sa carrière une petite innovation visuelle avec l'introduction du film fait grâce à une bande vidéo filmé il y a une vingtaine d'année présentant Adam Sandler faisant des blagues téléphoniques. Le succès d'Apatow est surtout dut au fait que son œuvre a totalement renouvelé la comédie américaine autant au niveau des sujets, des films et surtout du casting. Apatow a sut s'entourer d'une bande d'acteur qui le suivent depuis le début. Exit les Mike Myers, Jim Carrey et autres Owen Wilson, qui méritent notre plus grand respect, et place aux Seth Rogen, Jonah Hill, tout deux dans « Funny People », Jason Segel, Paul Rudd présent dans nombreux de ces films. Les années 80 ont eu le groupe du brat pack, les années 90 le groupe du frat pack et dans les années 2000, faute d'autre nom, on a le groupe Apatow. Dans « Funny People » ce groupe prend une toute autre dimension. Adam Sandler, qui fait figure de grand père de la bande, endosse le rôle du comédien George Simmons et déploie un talent insoupçonné. Sandler rentre presque dans un rôle autobiographique lui permettant de maitriser son personnage sur le bout des doigts. Seth Rogen est encore une fois énorme et innove dans son jeux avec son personnage un peu plus maladroit que d'habitude et beaucoup moins en confiance. Jonah Hill n'a encore une fois le droit qu'a un petit rôle mais son talent fait que juste avec ça il nous tord en deux. A noter le retour de Jason Shwartzman, qui était apparu dans la série « Freaks and Geeks », dans la bande et l'arrivée d'Eric Bana qui s'intègre parfaitement à l'ambiance Apatow.


Comme dans tout ses films Apatow développe les mêmes valeurs. L'amitié, chacun de ses films est en fait un délire entre potes, la famille, il met ici en scène sa femme et ses deux filles et plus d'un sujet très porté sur cette valeur, et ici c'est fait avec une finesse encore jamais vu dans les films d'Apattow.


« Funny People » est de loin le meilleur film d'Apatow. Le chef d'œuvre est encore loin mais le statut du film culte est là. Tout en évoluant Apatow reste fidèle à sa base de fan composé essentiellement de cinéphile et de geek. Le réalisateur est comme un bon vin, plus il vieillit et meilleur il est. Encore quelques années et ce sera parfait.


8/10

samedi 3 octobre 2009

"(500) jours ensemble" de Marc Webb


« (500) jours ensemble » était un peu attendu comme la petite comédie romantique indépendante qui ferait son petit phénomène. Toutefois, comme l'indique la voix off dès le début du film « (500) jours ensemble » est surtout l'histoire d'une relation entre un garçon et une fille et non un énième film à l'eau de rose où tout est deviné avant la fin.


Pour son premier long-métrage Marc Webb, plutôt habitué aux clips de musique pour ado, fait très fort et prend de gros risques dans la façon de faire son film. La forme que le réalisateur a choisit peut se révéler assez périlleuse. Un film lambda sur ce sujet aurait commencé avec la rencontre des deux personnages, la rupture de l'un d'eux avec son ex ou quelque chose du genre mais c'est avec la rupture des deux personnages principaux que le réalisateur commence son film. Se met ensuite en place un compteur numérique nous indiquant à quel moment de la relation entre les personnages se déroule les évènements à l'écran. C'est donc sans aucune linéarité temporelle que se fait « (500) jours ensemble » qui alterne entre saut en avant et retour en arrière. Le plus étonnant est que cela marche totalement et on est jamais perdu dans la chronologie. Cela donne même encore plus de puissance au couple que forme les personnages. Quand c'est un bon en avant qui est fait ce sont presque deux nouvelles entités que l'on retrouve avec chacune leur propre évolution et les nombreuses ellipses créent un mystère plus qu'accrochant autour de l'histoire car « (500) jours ensemble » est comparable à un puzzle. Chaque jour est une pièces du puzzle en désordre dans la boîte et on est captivé de voir comment l'image apparaît.


Le film est surement l'un des meilleurs qui ait était fait en ce qui concerne les histoires de ruptures. Les souvenirs de la relation défilent un peu en désordre et c'est en priorité les bons souvenirs qui viennent et même les mauvais deviennent bons. Après mûr réflexion les signes commencent à être analyser et on comprend mieux comment on a put en arriver là. Sans être un film à la première personne c'est exactement ce qui est fait avec la mémoire du personnage principal, Tom, qui aurait put très bien être le narrateur du film.


La rencontre entre les deux personnages est surtout l'occasion de mettre en conflit deux visions de l'amour et du couple totalement différentes. On est dans la fameuse opposition entre relation sérieuse et amourette passagère. Zooey Deschannel, qui interprète Summer, a sûrement trouvé le rôle qui lui allait comme un gant. Elle avait déjà montré toute sa folie et son charme dans des films comme « H2G2 » ou « Yes Man » (dont elle était la seul raison d'aller voir le film) ou encore dans la série « Weeds ». Elle arrive avec perfection à exprimer la liberté qu'inspire le personnage avec une certaines insouciance. Joseph Gordon-Levitt, avec ses faux airs à la Heath Ledger, endosse parfaitement le rôle de Tom qui est un idéaliste de l'amour. L'acteur atteint un niveau surprenant et inattendu prouvant qu'il s'affirme toujours plus de film en film.


Avec son premier film Marc Webb n'aborde pas que des sujets faciles, la rupture, la dépression post-relation mais tout ceci est fait avec une légèreté qui ne fait jamais apparaître « (500) jours ensemble » comme un drame mais comme une comédie. En plus d'être fortement émut et touché par le film celui ci développé également des capacités humoristiques étonnant avec l'aide de références toujours pertinentes, par exemple l'idéalisme de Tom est expliqué par la fait qu'il ait écouté trop de pop-anglaise dans les années 80. « (500) jours ensemble » confirme également une tendance qui s'affirme depuis plusieurs années. La comédie romantique n'est plus un « genre de fille ». Aujourd'hui elle s'adresse autant à la gente masculine et féminine et le schéma de ces films à changer. L'intérêt n'est plus uniquement porté sur les problèmes féminins. De plus en plus ce sont aux sentiments masculin que peuvent s'intéresser les réalisateurs de ces films.


Avec « (500) jours ensemble » c'est à la naissance d'un nouveau cinéaste qu'on assiste. Marc Webb réussit totalement l'exercice du long métrage et signe un film ingénieux, drôle, émouvant et se révélant même poétique.



9/10




vendredi 18 septembre 2009

Critique : "District 9" de Neil Blomkamp


Voilà un projet qui a tenu en haleine tout le monde du cinéma, « District 9 ». En 2005 Neil Blomkamp, un jeune réalisateur sud-africain totalement inconnu, réalise et diffuse son court-métrage « Alive in Joburg » décrivant un présent alternatif où des extra-terrestres auraient atterris en Afrique du sud et seraient incapable de repartir faisant d'eux des immigrés clandestins. Le court-métrage révélait déjà un énorme talent de la part du jeune cinéaste qui présentait son histoire sous la forme d'un reportage.

L'œuvre fait rapidement le tour de la toile et tombe dans les mains de Peter Jackson qui développait l'adaptation du jeux vidéo « Halo ». Tout de suite le réalisateur du « Seigneur des anneaux » remarque le jeune réalisateur et fait appelle à ses services pour réaliser cette adaptation. Toutefois le projet tombera à l'eau et tout ce qui ressortira de cette collaboration sera la réalisation d'une impressionnante pub de 7minutes pour le troisième opus de cette saga vidéo-ludique.

Avec l'avortement de ce projet les deux hommes sont libre pour d'autres choses et voilà comment l'adaptation de « Alive in Joburg » nommé « District 9 » voit le jour. C'est après une longue attente et une campagne marketing gérée avec brio que sort enfin « District 9 » qui est attendu par l'ensemble de la communauté cinéphile.

Résultat : « District 9 » est une réussite totale. Tout en restant dans la lignée de son court-métrage et en s'en inspirant Neil Blomkamp invente une histoire totalement inédite qui en plus se couple d'un univers étendu imposant. On sent que « District 9 » a été travaillé et retravaillé et que ce qu'on voit à l'écran n'est que la partie de quelque chose de bien plus globale qui pourrait faire l'objet de nombreuses autres adaptations.

Comme souvent dans l'exercice de l'adaptation du court-métrage il y a le risque de juste faire une version rallongée avec, pour arriver à 1h30 de film, des rajouts de scènes vides de tout intérêt (« numéro 9 » c'est à toi que je pense). Neil Blomkamp propose une forme totalement inédite avec un long-métrage en deux partie mais qui s'entrecroise constament. Une partie journalistique proche du docu-fiction qui est au croisement de ce qu'ont put faire dernière De Palma (« Redacted ») et Romero (« Diary of the dead ») en constituant presque un documentaire à part entière. C'est en passant par ce processus que Blomkamp arrive, en à peine le temps d'un générique, à expliquer 20 ans d'histoire aux spectateurs pour que celui ci soit directement impliqué dans le film et qu'il se consacre totalement à la narration. La seconde partie se rapproche plus de la fiction dans laquelle on suit l'histoire du personnage principal. « District 9 » est en quelque sorte une réinvention du cinéma-vérité que l'on a car bien que l'on soit dans la fiction tout est filmé comme un documentaire et on finis même par voire ce film entièrement comme un reportage.

L'oeuvre est surtout un grand film politique, rien n'est anodin dedans. Si les extra-terrestres sont à Johannesbourg c'est bien sûr une référence à l'apartheid et la façon dont les blancs ont traités les noirs pendant des années. Toutefois en dehors de cette métaphore plutôt facile c'est surtout le rapport entre médias et vérité qui est constamment interrogé mais aussi l'action des multi-nationales dans les situations humanitaires (ou alienitaires?). En tout cas « District 9 » délivre son message d'une façon intelligente et prenante.

Toutefois, réduire le film à cette simple dimension politique ne serait pas lui rendre justice et il constitue également un excellent divertissement qui se conclut sur un final de 30 minutes des plus explosifs. Le film est un crescendo de 2 heures pendant lesquelles on prend plaisir à voir un employé de bureau assez gauche et anti-héros se transformer malgré lui en un symbole d'opposition aux oppresseurs. On sent que Neil Blomkamp est un grand passionné de jeux vidéo ce qui confère à son film une dimension ludique constante. Les armements semble tout droit sortis de jeux tels qu'Half Life ou Unreal Tournament et les scènes d'action nous plonge vraiment dedans comme si nous avions la manette entre nos mains et que nous pouvions contrôler les choses (du moins c'est l'envie que ça donne). A l'inverse des derniers films de science-fiction sortis récemment « District 9 » ne met pas ses prouesses techniques en avant et celles ci sont constamment au service de l'histoire et pas l'inverse.

Avec un budget de 30 millions de $ « District 9 » reste un film indépendant mais qui doit beaucoup à son producteur Peter Jackson dont la boite d'effet spéciaux s'est chargée du film. Ce n'est pas une grand révolution des effets numérique et le côté un peu cheap rajoute au charme du film et même, bizarrement, à se crédibilité car rien ne semble trop gros. C'est assez exceptionnel de voir un film de science-fiction indépendant aussi réussi à tout point de vue.

Pour son premier long-métrage Neil Blomkamp réussi à s'imposer comme la nouvelle sensation du cinéma. On peut dire sans hésiter que « District 9 » va s'imposer comme un futur classique de la science-fiction. Le seul bémol c'est que le jeune réalisateur a gentiment remballé les studios d'Hollywood et se consacre à l'indé. Peut être qu'on n'aura pas de nouvelles de lui d'aussi tôt mais avec un ''mécéne'' comme Peter Jackson un brillant avenir peut tout de même lui sourire.


8/10

mercredi 2 septembre 2009

"Sri-Lanka national handball team" de Uberto Pasolini


Le destin de cette équipe nationale de Handball Sri-lankaise avait tout pour faire un film. Un groupe d'une vingtaine de Sri-lankais s'était présenté en 2004 à un tournoi de handball en Allemagne sous les couleurs d'une hypothétique équipe nationale. Après quelques matchs plutôt médiocres, le handball est un sport totalement inconnu au Sri-Lanka, l'équipe a mystérieusement disparue en laissant derrière elle un mot disant : " On aime l'Allemagne. Merci pour tout ". Ce fait divers assez insolite montrait bien la situation de l'immigration mondiale et jusqu'où les individus sont prêts à aller pour connaître une vie meilleur. Le réalisateur italien Uberto Pasolini a tout de suite vu le potentiel d'une telle histoire au cinéma et s'est empressé d'en faire l'adaptation.

Bien que le film soit réalisé par un italien et que l'histoire se déroule principalement au Sri-Lanka « Sri-Lanka national handball team » est avant tout une comédie sociale à l'anglaise. On retrouve le même réalisme et le même souci de fidélité par rapport à la situation ainsi que l'intention de faire passer un sujet dur à avaler grâce au rire. Ce résultat n'est pas étonnant quand on sait qu'Uberto Pasolini est l'homme qui a produit « Full Monty ».


« Sri-Lanka national handball team » est totalement placé sous le signe de la fidélité. Pour les besoins du film c'est un scénariste sri-lankais, Ruwanthie De Chickera, que le réalisateur est allé chercher et la totalité du casting composé de sri-lankais. Ainsi c'est face à une vrai réalité sociale que nous sommes ce qui permet de nous faire prendre conscience d'une situation malgré tout peu connu sur notre continent et d'éviter toute démagogie. Sans jamais faire de caricature Pasolini arrive à tisser un portrait de la société sri-lankaise pleine de diversité sociale, ethnique et religieuse mais qui reste toutefois immobile et très inégalitaire. L'une des scènes les plus émouvantes du film se déroule lorsque avant de partir au tournoi le directeur de l'équipe invite sa famille à manger dans l'hôtel où il travaille. Face au touristes occidentaux la famille sri-lankaise apparaît comme un cheveux dans la soupe et on comprend alors tout le gouffre qui existe entre nos cultures. C'est en présentant tout cela que « Sri-Lanka national handball team » arrive à nous faire comprendre la situation dans laquelle se trouve ceux qui choisissent de tout quitter pour trouver la possibilité d'une vie meilleur qui ne leur ai pas proposée dans leurs pays natales.


Malgré un sujet plutôt grave Pasolini n'établit jamais de manifeste pour l'immigration et ne se montre à aucun moment moralisateur. Bien que l'histoire possède une dimension hautement dramatique le ton est toujours léger et empêche de transformer le film en quelque chose de plombant et déprimant. Toutefois le film n'en est pas moins intelligent et fait comprendre de façon simple les enjeux de cette immigration sans tomber dans le tableau horriblement édulcoré qu'avait réalisé Costa-Gavras avec « Eden à l'ouest ».


« Sri-Lanka national handball team » a donc tout d'une excellente comédie sociale sans prétention mais on aurait tout de même apprécier un peu plus de militantisme pour donner au film le peu de puissance qui lui manque.


L'équipe de handball ayant réellement disparue il est donc impossible d'établir un film racontant une vérité historique mais Pasolini a su très bien reprendre cette histoire à son compte et se l'approprier. Même si l'on se doute que l'avenir ne sera pas tout rose pour ses sri-lankais, tellement les lois anti-immigration deviennent de plus en plus extrême, le film ne perd jamais sa dimension d'espoir et montre toujours le courage que peuvent déployés des individus à priori normaux lorsque la situation leur impose ce genre de choix.


« Sri-Lanka national handball team » est l'anti « Slumdog Millionaire ». Pas de démagogie, pas de tableaux édulcorés mais une situation sociale existante. En même temps on ne peut pas s'empêcher de penser à « Rasta Rockett » mais ici dans un registre bien plus sérieux. Le film est donc un petit moment de fraicheur qui en même temps nous remet tous en place et nous fais réfléchir sur notre position d'occidental dans le problème global de l'immigration clandestine.


7/10

mardi 1 septembre 2009

"Destination Finale 4" de David R. Ellis


Alors qu'à le fin des années 90 le slasher movie était en train de s'essouffler avec des films qui se contentaient de parodier « Scream », qui finissait également par s'auto-parodier, le premier « Destination finale » est arrivé tel un messie pour le genre et lui donna le nouvel élan dont il avait besoin. Dans les années 70 le croque-mitaine était un psychopathe ( « Massacre à la tronçonneuse », « Halloween »), dans les années 80 c'était un monstres ou un créature imaginaire (Freddy, Chucky), dans les années 90 c'était quelqu'un de votre entourage (« Scream » etc...) et dans les années 2000 le croque mitaine c'était la Mort elle même.

Avec cette idée James Wong avait trouvé la formule qu'il fallait pour pouvoir dépasser les limites les plus improbables et offrir aux spectateurs des choses totalement inédites. Sur ses trois épisodes la franchise avait réussi à développer un identité propre : un goût prononcé pour le second degré et l'humour noir, des morts de plus en plus hallucinantes mais surtout des films qui reste dans la tradition du slasher movie où l'intérêt principale est de voir des personnes, et principalement des ados ou jeunes adultes, se faire lâchement assassiné.

Comme toute franchise il est assez compliqué de garder le niveau du premier épisode et le troisième épisode de la série montrait bien un effet de répétition qui pouvait entrainer une lassitude. Pour relancer tout cela les producteurs, toujours à l'affût d'une facilité financière et pas vraiment près à prendre de risque, ont vus les choses en grand et on rappelés le réalisateur du second opus, David R. Ellis, pour nous faire un « Destination finale 4 » en 3D.

Nouveau gadget cinématographique, la 3D commence tout de même à être de plus en plus exploitée et s'impose comme le nouveau format pour le cinéma de divertissement. C'est bien ce mot qui nous vient à l'esprit quand on regarde ce quatrième épisode : divertissement. Il n'y rien d'autre que cela dans le film. C'est 1h30 de qui ne demande aucune réflexion et qui ne réclame qu'une chose, qu'on profite du fun que le film dégage. Attention « Destination finale 4 » est loin d'être un bon film car son seul intérêt est la version 3D. Le film est surement le moins osé de toute la saga et le moins drôle. David R. Ellis arrive toujours à faire monter la sauce avant le décès de ses personnages et on est facilement pris au jeu mais finalement ce quatrième épisode n'apporte rien de nouveau et semble superflu. Inutile de dire que la vision de ce film en 2D est totalement déconseillé et inutile. Le film suit le même modèle que ses prédécesseurs. Le héros a un mauvais pressentiment sur une situation qu'il va vivre, ses craintes se réalisent et il en réchappent, la mort va venir récupérer lui et ses amis dans l'ordre prédéfinis et il faut mettre un terme à cela.

Toutefois, malgré la qualité médiocre du film on ne peut s'empêcher de s'amuser devant la version 3D. Le nouveau procédé de diffusion 3D est encore à ces débuts mais « Destination Finale 4 » est l'exemple de tout le potentiel que peut avoir cette technologie. Le film a totalement été conçu pour la 3D est l'effet est plus que prenant. Le film devient alors un énorme moment d'amusement ou malgré nous on devient aussi bête que ce qui est projeté à l'écran. Nous instinct les plus sauvages ressortent et on jouit presque de voir nos héros martyrisés par la grande faucheuse.
Quelques bonnes idées sont toutefois présentes dans le film comme l'excellent mise en abyme d'une des scènes finales qui se passe dans un cinéma 3D ou encore l'utilisation intelligente de tout les niveaux de plans disponible pour créer au mieux l'effet 3D.

« Destination Finale 4 » fait partie de ces films qu'on aime honteusement. Le film n'a absolument rien d'original à proposer dans son scénario, dans sa réalisation ou dans son jeux d'acteur mais on ne peut pas s'empêcher de prendre du plaisir à le regarder. Toutefois, dés que le film sera hors des salles il sera aussi vite oublié qu'il est arrivé. Son exploitation DVD n'aura aucun intérêt car la version 2D est inutile et la qualité du 3D sur un téléviseur est encore plus que contestable.

6/10

mardi 25 août 2009

"Inglorious Basterds" de Quentin Tarantino


Quentin Tarantino est sûrement l'un des réalisateurs qui déchaîne aujourd'hui le plus les passions. Pour certains c'est un génie vivant, pour d'autres ce n'est qu'un imposteur qui se contente de pomper ses histoires dans ce qui a déjà été fait. Ce qui est sûr, c'est que le personnage ne laisse personne indifférent tant par son œuvre que par son caractère. Avouons le, le cinéma de Tarantino n'est pas un cinéma très innovateur dans les histoires qu'il raconte car ses films sont bercés dans la pop-culture et sont souvent faits comme un objet constitué essentiellement de références. Cet aspect de sa filmographie est à la fois son point faible et son point fort. En effet, Quentin Tarantino maîtrise tellement bien l'histoire et la culture cinématographique qu'il peut un peu tout se permettre et ses films sont forcément imprégnés de cette culture immense. Quoi qu'on en dise Tarantino est un magicien du cinéma. Pas à la manière d'un Méliès ou d'un Gondry, mais à sa propre manière. Il s'amuse à détourner les codes et les genres.
« Inglorious Basterds » représente l'aboutissement du talent de Tarantino. Avec cette histoire d'un groupe de juifs américains envoyé en France occupée, le réalisateur s'attaque à un genre qu'il n'avait jamais exploré : le film de guerre. Toutefois, Tarantino brouille les pistes et c'est surtout un western moderne qu'il réalise. Dès la scène d'ouverture, il annonce la couleur. La maison dans laquelle arrive la colonel SS Hans Landa, joué par Christoph Waltz qui signe la meilleure prestation du film et mérite amplement son prix d'interprétation cannois, afin de débusquer une famille juive de sa cachette a tout d'une petite maison dans la prairie version tarantinienne. L'ensemble de la scène se fait sur un fond musical de Nick Perito chez qui on ressent bien l'influence d'Ennio Morricone, grand collaborateur de Sergio Leone pour des films comme « Le bon, la brute et le truand », qui signe d'ailleurs presque tout le reste de la BO.
Une fois cette scène finie, Tarantino enchaine son second chapitre où les basterds sont présentés. On voit enfin Brad Pitt arrivé à l'écran et avec son accent de redneck et son attitude il démontre une nouvelle fois qu'il est l'un des acteurs les plus doués de sa génération. Malgré la présence de cette star à l'écran Quentin Tarantino ne tombe pas dans le piège de mettre tout les film sur les épaules de Brad Pitt qui apparaît presque comme une guest star.
Avec le deuxième chapitre de son film achevé, Tarantino se lance dans un leçon de cinéma de plus de deux heures totalement jouissive et qui fini sur un final grandiose. Tous les éléments du cinéma de Tarantino sont là, les discussions interminables, la place prédominante laissée aux femmes, l'amour du cinéma, une représentation de la violence totalement jouissive et surtout un grand bain de pop-culture. Le génie d' « Inglorious Basterds » est sûrement dans ce dernier aspect. Il faut tout de même se rappeler que toute la culture populaire de la seconde partie du XXéme siècle dans laquelle le cinéaste a plongée son œuvre n'existait pas à l'époque du film. Même si les pulp magazines avaient déjà explosé outre-atlantique, les procédés de mass medias n'étaient pas encore au point, les informations ne circulaient que très peu à travers le monde. On ne pouvait pas parler de musique pop, avec laquelle Tarantino construit ses BO, et la morale de l'époque était bien différente que celle dans laquelle le cinéaste a grandit.
Pour « Inglorious basterds » le postulat est : au diable la vérité historique ! On est ici pour qu'on nous raconte une histoire ce qui est encore l'objectif premier du cinéma. Ainsi le film est à lui tout seul une énorme uchronie, mais tout semble crédible et c'est là qu'est tout l'intérêt du film. On est pas choqué de voir Mélanie Laurent se préparer pour la scène finale alors qu'en musique de fond c'est David Bowie qu'on entend, aucun problème à voir les différents basterds présenté comme des super-héros modernes et encore moins de problème à voir Tarantino changer à lui tout seul le cours de l'histoire.
Avec seulement six films à son actif, Tarantino avait déjà prouvé qu'il était un bon réalisateur, mais rien n'est jamais acquis. En nous présentant « Inglorious Basterds » il vient de rentrer dans la cours des grands car c'est enfin son propre style qu'il met en avant et il ne se repose pas sur celui d'un autre. Encore une fois il arrive à rassembler tout le monde autour de son film : presse, grand public, cinéphile, intellos bobos et public occasionnel. Malgré l'accueil mitigé que le film a reçu à Cannes, et tout le feuilleton autour du remontage qui a suivi cette événement, on peut quand même dire que Tarantino signe l'un de ses meilleurs films, pour ne pas dire le meilleur, et mérite enfin de façon légitime les capacités reconnues de génie que certains lui avaient un peu trop vite attribuées.


10/10

dimanche 23 août 2009

"L'an O1 : des débuts difficiles" de Harold Ramis




C'est bien un point de non retour que nous avons atteint. Les anciens maitres de la comédie américaine sont en train de passer le relais aux nouveaux arrivants. Will Ferrell l'avait fait avec « Frangin malgré eux », Kevin Smith a pris Seth Rogen pour jouer dans son dernier film, et maintenant c'est au tour d'Harold Ramis, scénariste de « Ghostbuster », d'adouber la nouvelle génération de comique américain avec « L 'an 01 : des débuts difficile ». Comme à chaque fois lorsque l'on parle de cette nouvelle comédie américaine, il est impossible de ne pas parler de Judd Apatow. Ici le nouveau gourou comique endosse le rôle de scénariste et de producteur pour nous livrer cette relecture subversive de la genèse.

Aux Etats-Unis, il est toujours un peu délicat de s'attaquer à la religion de n'importe quelle façon que ce soit. Il faut être déjà assez fou là bas pour oser l'aborder d'un point de vue critique, mais en faire un comédie et rigoler de la divine parole est considérer comme l'œuvre d'un timbré, souvenez vous tout le boucan qu'il y a eu autour de « Dogma ». C'est donc avec une grande finesse que Judd Apattow a dû écrire son histoire pour ne pas choquer le grand public, qui est avant tout sa cible, et ne pas être considéré comme un détourneur de mœurs chez l'oncle Sam. Avec cette contrainte, il est difficile d'imaginer une comédie qui puisse se démarquer du reste grâce à son audace qui est un peu la marque de fabrique de l'écurie Apatow.

Pour l'une des toutes premières fois l'un des films de cette nouvelle génération de comiques tombe dans un politiquement correct détestable aussi provocant qu'un curé. Jusque là les films de cette ''nouvelle comédie américaine'' se démarquaient grâce à une impressionnante capacité à réutiliser les mêmes thèmes qu'auparavant mais avec une écriture bien plus fine et une approche bien moins puérile. En effet, tout comme dans « American Pie », les films Apatowien (en voilà un joli nouvel adjectif) parlaient bien sûr de masturbation, d'alcool, de drogues, de rapports sexuels et de fêtes, bref tout ce qui fait la vie d'un ado d'aujourd'hui, mais, à l'inverse d'American pie and co. Cela était fait avec tendresse et sans présenter ceci comme un acte d'attardé. Depuis les années 2000, où ce tout nouveau genre de comédie est apparue, on sentait réellement une énorme évolution au niveau de la maturité de l'écriture et de la réflexion faite autour. Avec « L'an 01 : des débuts difficiles » c'est un bon d'une décennie en arrière que fait la comédie américaine.

Dans sa première partie le film se contente de faire un remake de scènes de la genèse en y intégrant tout simplement deux nouveaux personnages qui vont un peu chambouler l'histoire telle que nous la connaissons. Ces deux énergumènes, Zed( Jack Black) et Oh(Michael Cerra), respectivement les plus mauvais chasseurs et cueilleurs de leur tribu, sont bannis de ladite tribu et partent dans un voyage qui les situera au cœur de l'ancien testament. Toute cette histoire autour de la religion fait bien sûr penser au grand « Brian's life » des géniaux Monty Python, mais ici votre conception de la religion n'en sera en aucun cas changée. Quand on se contente de parodier un fait historique de cette ampleur en y ajoutant simplement deux personnages qui en dehors de la bouffe et du sexe n'ont rien d'autre en tête il faut s'attendre à courir droit dans le mur.

Tout ce manque de finesse se retrouve aussi dans le jeu des acteurs principaux. Les deux n'ont plus à prouver leur talent de comique, mais leur présence dans ce film prouve que rien n'ait jamais acquis. Jack Black se contente d'endosser le rôle d'un gros balourd aussi raffiné qu'une orgie romaine, et Michael Cerra endosse encore une fois le rôle de l'ado mal dans ses pompes et qui ne sait pas comment conclure avec la vie de ses rêves. Les deux sont de très bon acteurs, mais il ne suffit pas de mettre une perruque pour faire penser à un homme préhistorique car, à ce moment là, on devient plus ridicule qu'autre chose.

Après un long road-trip d'environ quarante cinq minutes, le film s'installe dans la cité de Sodome. Comme si le scénariste venait de comprendre que son film n'avait aucune histoire et aucun potentiel comique, une espèce d'intrigue est soudainement mise en place mais trop tard le mal est déjà fait. Ce n'est pas en dix minutes qu'on sort le spectateur d'un ennui mortel pour la seconde partie du film.

« L'an 01 » est ce qu'on peut appeler sans hésitation un ratage complet. Mauvais scénario, montage totalement nul et saccadé, acteurs qui livrent le minimum syndical, des blagues même pas drôles pompées sur un nombre considérable de films et une réalisation qui laisse plus qu'a désirer. Espérons seulement que « L 'an 01 : des débuts difficiles » soit juste une erreur de parcours car l'écurie Apatow vient de réaliser l'un de ses premiers faux pas. En attendant de voir ce que l'équipe nous réserve pour la suite enfilons-nous tous les dvd de « Brian's life », « Rrrrrrr! » et « Les visiteurs », on nous racontera la même chose mais au moins on rigolera bien. bien.


3/10

vendredi 14 août 2009

"Simon Konianski" de Micha Wald


Sortie d'on ne sait trop où « Simon Konianski » est une nouvelle preuve que le cinéma belge est surement l'un des plus comiques et émouvant d'Europe. On se souvient tous de « El Dorado » de Bouli Lanners ou de « Cowboy » de Benoit Mariage. « Simon Konianski » est donc à ranger à coté de ces deux films qui avaient à peu près la même carrure.

Fils d'un ancien déporté juif Simon Konianski, anti-héro provocateur et un peu hypocondriaque, est forcé de retourner chez son père après avoir perdu son métier et s'être fait larguer par sa femme. Son retour au domicile paternel va le mettre face à son héritage culturel, qu'il a en partie renié, et face à sa famille qui essaye de le remettre dans le ''droit chemin''.

« Simon Konianski », deuxième film de Micha Wald dans lequel il présente son alter-ego cinématographique, est un petit bijou d'humour juif. Le terme peut sembler assez généraliste et complètement insignifiant mais il est bien question de ça ici. Comme les maitres du genre (Woody Allen, Judd Apatow...) Micha Wald est doté d'une grande capacité d'auto-dérision sur ses origines mais aussi sur sa personnalité. N'hésitant pas à taper là où ça fait mal et de pointer du doigt les vices de certaines mentalité juives (la situation au moyen-orient, le cliché du juif radin etc...) le réalisateur livre un film hilarant où l'on arrive à rigoler de choses souvent tabou et politiquement incorrect.

Bien que le film soit un pur produit belge l'influence de la comédie américaine est bien présente mais au lieu de simplement mimer un modèle Micha Wald développe sa propre identité. Si on dit humour juif avec un personnage névrosé constituant l'alter-ego du réalisateur c'est bien sur de Woody Allen qu'on parle. Toutefois, ici c'est de Micha Wald dont il est question et New-York s'est transformé en Bruxelles. La bande son jazz du film nous pousse encore plus facilement à penser à Allen mais on est bien sûr plus proche de l'hommage que du plagiat.

Après avoir tout mis en place et créer l'ambiance de son film le réalisateur se lance dans un road movie digne des meilleurs films indépendants américains. En partant d'une histoire complètement loufoque (encore dût aux traditions juives) Simon se retrouve propulsé dans un voyages vers l'Ukraine. Bien qu'en complète rupture avec sa religion il fait cela pour faire honneur à la tradition. Le film prend alors une dimension bien plus sentimentale et révèle son vrai visage. A travers son voyage Simon va être mis face à tout l'héritage auquel il essaye de tourner le dos et comprendre alors l'importance de tout cela. En dehors de cette histoire de religion « Simon Konianski » est aussi l'histoire d'un homme qui se réconcilie avec son père et qui a besoin de cela pour lui même avancé dans ses rapports avec son fils.

Malgré la gravité de certaines situations le film ne perd pas des yeux qu'ils est avant tout une comédie fait pour rire et on échappera pas au happy-end qui ici ne dénature pas du tout le propos du film.

Le plus gros défaut que l'on peut reprocher au film et d'avoir axés presque toute son histoire sur la religion juive donnant l'impression à certains moments de voir le catalogues des clichés sur les juifs mais tout cela reste tout de même fortement comique.

« Simon Konianski » est encore une excellente surprise qui nous vient du plat pays. Malgré quelques baisse de rythme à certains moments « Simon Konianski » est une très bonne comédie à recommander à tout les réfractaires du genre.


7/10

Powered By Blogger