« Salut petit ignorant. C'est moi Yann-Arthus Bertrand, tu sais celui as tout compris aux problèmes de la planète alors que toi, débile comme tu es, tu continues à laisser couler le robinet en te lavant les dents. Ne t'inquiètes pas, je vais tout t'expliquer dans mon film, comme ça tu seras un peu moins con ».
Voilà en quoi on peut résumer le film de YAB et, si vous ne l'avez pas encore vu, en ayant lu la critique qui va suivre, cela vous aurez gagné 1h30 de votre vie. L'engagement de YAB n'est absolument pas à mettre en cause, mais celui-ci a une bien drôle de façon de l'exprimer. Connu du grand public grâce à ses paysages vues du ciel, qui révélaient le talent artistique du monsieur et un sens de l'esthétisme respectable, YAB se contente de reprendre ses images, mais cette fois-ci en mouvement avec une belle caméra.
D'un point de vue cinématographique le film est ennuyeux à un niveau rarement atteint. Le premier quart d'heure permet de profiter de belles images, mais passer ce cap on a vue tout ce que le film avait à nous offrir. Des images prises d'hélicoptère avec une voix off nous disant que nous méchants homo-sapiens nous avons détruit la planète en mettant le chauffage trop fort. Le style de YAB est bien connu et mérite le succès qu'il connaît, mais le passage de l'image fixe à l'image mobile est une activité périlleuse. En effet, même si je risque de me trouver en opposition face à toutes les règles éthiques et déontologiques nécessaire à faire une critique, j'ose avouer n'avoir regarder que 20 minutes du film car, au -delà de ce stade, une étrange impression de vertige et de nausée m'a traversée le corps. La prise systématique des images par hélicoptère a son effet sur photo, mais en film 20 minutes d'images de ce genre c'est déjà un exploit.
Pour ce qui est des dialogues et bien il vaut mieux regarder le JT de 2Oh qui n'occupe qu'une demi-heure de notre journée plutôt que de s'ennuyer devant ce film le résultat sera le même. Les information avancées ne sont qu'un recueil de banalités et de discours préfabriqués qui ont déjà été utilisés plus d'une fois sans rien changer. Si YAB attend toujours la méga-prise de conscience collective grâce à cela il peut se fourrer un doigt dans l'oeil car ce type de discours a déjà été surexploité et ce n'est pas pour autant que les choses ont changé (hormis le score des Verts aux dernières élections européennes...). De la part d'un homme se revendiquant si impliqué c'est réellement décevant d'avoir un discours d'une telle bassesse d'esprit qui finalement n'apprendra rien à toute les personnes qui ont passé le niveau sixième en SVT.
Parlons maintenant du morceau le plus intéressant : le point de vue idéologique. YAB nous tape sur les doigts car, pour aller au travail, on prend la voiture au lieu du vélo. Remarquons tout de même que YAB est peut être l'un des seuls artistes sur la planète dont l'instrument de création principale est l'hélicoptère avec toute la consommation de kérosène qui va avec. Apparemment, il a signé un chèque de 22000 € pour planter des arbres et compenser le carbone dégagé, mais s'il n'y avait que ça comme problème ce serait trop beau. Chose la plus choquante, le film est entièrement financé par l'industriel Pinault. Le même qui part cacher ses sous à l'étranger pour pas que le vilain fisc ne le lui prenne, mais bon il n'hésite quand même pas à débourser 10 000 000 d'euro pour que YAB nous livre sa fable pleine de bon sentiments. Le même qui ne cache pas ses liens avec Total-Elf, accessoirement première entreprise polluante de France...
Le film manque donc cruellement d'une analyse en profondeur. YAB est constamment en train de nous mettre une fessée parce que l'on consomme trop, mais il ne va jamais chercher la cause de cette surconsommation. Pour lui la solution est toute trouvée. Détruisons nos maisons et vivons dans des yourtes et tous les problèmes du monde seront réglés. Si t'es pas content, une balle dans la tête, ça fera une bouche en moins à nourrir et donc moins de gâchis. Après les Khmers rouges voici venu le temps des Khmers verts !
A force de nous frapper dessus le pauvre n'a plus toute sa tête et oublie que la majorité de la pollution vient de ses amis les industriels qui, pour des raisons de profit, n'hésitent pas à délocaliser entrainant ainsi d'innombrables aller-retours en avions pour ramener la marchandise. Les mêmes industriels qui produisent toujours de plus en plus pour gagner toujours plus d'argent nous forçant ainsi toujours à acheter plus. Mais, attention, il ne faut pas les critiquer, ça risquerait de les vexer et ils ne paieraient plus pour ce genre de film.
Ainsi YAB n'arrive à aucun moment à développer un nouveau discours convaincant et se limite à constamment nous culpabiliser pour que nous ayons la responsabilité de cette catastrophe et ainsi les grands pollueurs peuvent continuer leurs petites activités tranquillement. Cette idéologie manque cruellement d'analyse sur le fond de notre système économique ainsi que sur le fonctionnement global de notre système mondial.
« Home » n'est en aucun cas la révolution et la prise de conscience tant attendues. Ce projet s'apparente plus à un énorme coup de communication et de marketing de la part du groupe Pinault avec le soutien artistique de Luc Besson et sa société EuropaCorp.
Il faut encore le préciser, car avec ce que je viens d'écrire, dans ce monde manichéen, je vais vite me faire ficher comme un anti et une pourriture : l'engagement de YAB n'est pas mis en cause, mais celui ci est tellement aveuglé par son savoir et sa certitude qu'il en oublie presque qu'il n'y a pas de vérité absolue et son discours devient celui d'un démagogue plutôt que celui d'un militant. Finalement pour être en accord avec son discours, YAB n'aurait pas dû gaspiller de la pellicule ainsi Pinault aurait pu investir dans des toilettes sèches pour les bureaux de son groupe et cela aurait eu bien plus d'impact que ce ridicule petit « Home »
MAJ: Trouver sur le site fluctuanet les 10 bonnes raisons de ne pas aimer Yann Arthus Bertrand

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